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22 août 2005

Göreme

Départ prévu en fin de journée et rien à organiser : Ahmet s'est occupé de me réserver une place dans le bus et a envoyé son fils chercher mon billet, le tout gracieusement évidemment et en prime, il refuse énergiquement que je paie quoique ce soit pour mon séjour ! J'ai déjà parlé de l'hospitalité turque ?

Je vais faire un tour à Göreme (environ 5 km) en tentant de suivre ses indications, mais j'ai visiblement encore loupé une partie du parcours. Pas dramatique, les cheminées de fées, ça pousse partout dans le coin. Beaucoup comportent des grottes qui ont été occupées, mais les entrées sont trop hautes pour que je puisse y jeter un coup d'oeil.

Göreme est une petite ville touristique, donc évidemment plus chère que les villages du coin : bof, je préfère le charme plus typique et le calme de Cavusin. J'aurais dû prendre le car à 500 m de la pension, mais Ahmet m'accompagne en voiture à la station de Göreme. Comme nous n'avons pas eu beaucoup l'occasion de nous voir, ça nous permet de discuter un peu. Si il est bien plus indulgent que moi vis à vis des touristes, il partage mon opinion sur le manque de tact de certains. Je le console : ils ont l'air malin avec leur mini short qui met en valeur leurs cuisses écrevisses ! Adieux rapides à l'arrivée du car. Direction Bursa via Kayseri (19 h 30 à 7 h : 30 millions).

21 août 2005

Les vallées de çavusin

Aujourd'hui, vallée rose et vallée rouge, toujours avec les explications et les photos points de repère d'Ahmet, en plus le début du parcours est fléché।
Grimpette, grimpette, grimpette। J''essaie d'oublier un vertige naissant en croisant les doigts pour que ça ne s'aggrave pas, d'autant qu'il n'est pas question de demander de l'aide : pas un chat à l'horizon.
En voulant passer dans un tunnel étroit (de toute façon, il n'y a pas d'autre chemin), je rape un pare-soleil contre la paroi... ça ne fait que commencer !
Ce qui est galère c'est la poussière। La craie s'insinue partout et je passe un temps pas possible à nettoyer les objectifs, d'autant qu'avec le numérique ça ne pardonne pas : la haute résolution c'est valable aussi pour les défauts.
Arrivée à l'üzümlü kilise du 8e siècle (église avec du raisin), c'est fermé ainsi que la petite lokanta à côté।
Je continue sans me tromper pour une fois, jusqu'à un passage qui ne me dit rien du tout. Ils ont bien mis une corde, mais trop haute pour moi, et même sans matériel ça craint. J'essaie quand même en laissant le sac derrière... et me rattrape au dernier moment avant de faire un plongeon d'une dizaine de mètres.
Ouais, ben, demi-tour, parait qu'il y a 2 autres chemins en arrivant sur la gauche. Je fais donc des kilomètres de chemins sur la gauche qui ne mènent à rien : encore heureuse de retrouver l'église aux raisins !
Cette fois, la lokanta est ouverte et investie par des Français. Arrêt bouffe donc, et le gardien me donne les clés de l'église. Ici aussi, les fresques sont saccagées. Je lui explique le passage infranchissable (vertige, matériel), et sympa, il m'indique un chemin qui suit un cours d'eau pour rentrer.
En fait, ce n'est pas à côté mais dans l'ancien lit d'un torrent aux arrêtes aigues, avec tunnels, dont un de 37 m dans le noir total. J'utilise le flash pour me repérer et éviter une éventuelle chute, mais mon jean ne résiste pas à ce qui ressemble à de la pierre ponce !
Je suis obligée de laisser tomber le sac photo avant moi (impossible de sauter avec), ce qui vaudra au 800 SI (dont le miroir n'est plus là où il devrait être) un séjour dans les ateliers Minolta.
Aucune chance de rebrousser chemin, et brusquement 2 échelles à pic : mal fichues, en fer et la première en plein soleil, donc archi brûlante. J'ai des sueurs froides rien qu'à l'idée de descendre ces horreurs, d'autant que je ne vais pas laisser ici le matériel !
Une heure à pester contre le gardien de l'église qui m'a indiqué ce chemin après que je lui ai expliqué que j'avais le vertige et le matériel à transporter। Contre la Cappadoce, pleine de poussière et de chemins pas praticables et sans le moindre Kurde secourable. Contre l'autre naze qui m'a fait perdre 3 jours et empêchée de faire le parcours prévu : loin d'ici !
Je finis quand même par arriver entière, mais trop tard pour reprendre le trajet en sens inverse pour atteindre l'église aux pigeons dont le nom me plaisait bien।
Heureusement, la journée se termine agréablement, en compagnie de Français profs à Alep et d'un succulent dîner : toujours ça, et puis j'ai plein de chouettes photos !

20 août 2005

Cappadoce

Arrivée à Kayseri à 4 h au lieu de 5 h. Un homme envoie son fils pour m'aider à porter mon sac jusqu'à l'otogar. Je le remercie une fois à destination, mais il ne veut pas partir en me laissant seule dans la nuit : impossible de rassurer un Turc qui s'estime responsable de votre protection parce qu'il vient juste de vous donner un coup de main et qu'il n'y a personne d'autre pour veiller sur vous !
Heureusement, les agences commencent à ouvrir et à chercher les clients et mon accompagnateur peut partir après s'être assuré qu'il me laisse entre de bonnes mains. L'ambiance matinale d'aujourd'hui change agréablement de l'atmosphère de racisme palpable que j'avais détestée il y a 3 ans et où tous les transporteurs (taxis, dolmus...) de la ville semblaient s'être donné pour consigne de nous empêcher d'aller à Haci Bektas...
Par contre, j'ai du mal à piger leur turc et eux le mien : même kahvalti leur prend pas mal de temps !
Petit dej pas terrible à 6 YTL, mais j'ai 3 h d'attente à essayer de rester éveillée, puis finalement 4 h, le premier car pour çavusin étant complet.
Le préposé de l'agence est un peu lourd : il n'arrête pas de m'appeler askim ! La drague grossière avec des vues à très court terme dès le matin, c'est franchement gonflant !
Kayseri/çavusin : 7 YTL. Il n'y a qu'une heure de trajet, mais à priori pas de dolmus et un tarif unique jusqu'à Nevsehir.
La pension (In pension) n'est qu'à 500 m de l'arrêt, mais qu'est ce que les sacs sont lourds ! Le village a l'air charmant et la pension d'Ahmet toute mignonne et calme avec sa petite cour sous les vignes. J'ai a peine le temps de croiser Ahmet à qui j'ai passé un coup de fil hier pour lui dire que je débarquai : même pas l'air surpris alors que son invitation date quand même de plusieurs années ! Ca c'est l'hospitalité turque : la maison est toujours ouverte...
Balade splendide dans un silence enchanteur, mais malgré le parcours annoté et avec points de repère photographiés que laisse Ahmet à la disposition de ses visiteurs, j'ai dû me planter dès la sortie du vieux village : jamais trouvé la petite ville voisine dont il parle !
Dej/Goûter : 12,5 YTL (güveç, 2 coca, eau) au resto en face, avant d'aller visiter l'église troglodyte du 10e siècle à l'entrée du village (église de Nicephorus Phocas 963-969). La visite est à 4 YTL et comme toutes les églises de ce type dans le coin, c'est minuscule avec des fresques généralement saccagées.
Dîner super bon avec des produits locaux dans la cour. Trois couples de Français sympas avec des gosses (pour une fois bien élevés !) finissent leurs 10 jours de vacances à la pension.
Sont tous enchantés du séjour et de l'accueil, y compris les gosses, preuve qu'il y a tout à gagner à sortir du troupeau des TO aux offres alléchantes, mais qui en échange se rattraperont par des prestations standardisées orientées vers le remplissage de leurs caisses. Ici, c'est dîner en famille, sans l'ombre d'un marchand de tapis comme c'est le cas de la très commerciale Göreme...

06 octobre 2004

Konya, le retour

Apres l'internet-café, il me reste encore plus de 6 h a meubler et vu le temps les photos sont exclues. A part un resto, rien de spécial a faire ici et il n'y a pas de cafés comme dans les grandes villes pour patienter au chaud. Donc, au hasard, Metin restaurant a la déco guimauve : foie froid, börek au fromage qui n'en sont pas et je cherche toujours le fromage, saç kavurma hyper gras, 1 biere et un nes au goût de chlore : 21 millions.
Comme j'ai encore plein de temps a perdre, je traine pour acheter des petits derviches tres moches, mais faut bien s'occuper... Heureusement qu'un keuf a pitié et égaie la soirée en se prenant un poteau a force de se retourner pour me regarder !

Konya, suite

Konya hésite entre passé et modernisme. Ca manque un peu de chaleur, même si a deuxieme vue, les habitants sont plutôt sympas : probablement un effet du tourisme de passage... Beaucoup de foulards, mais aussi beaucoup de femmes qui conduisent, ce qui n'est pas si courant dans les provinces.
A l'otogar, une agence m'a proposé un rabais de 5 millions sur mon billet, mais comme il faudrait que je prenne un taxi pour aller a l'otogar, c'est plus avantageux de l'acheter en ville même sans réduction. A priori, ils proposent tous les mêmes horaires et tarifs, dont un départ a 21 h (arrivée vers 7 h a Istanbul) pour 30 millions.
Hier, il ne faisait pas franchement chaud (surtout par rapport a Antioche), mais il y avait au moins du soleil. Aujourd'hui, c'est le premier jour de l'hiver dixit les commercants : changement beaucoup trop brutal a mon goût !
La mosquée Aziziye, pres de mon hôtel, date de 1875. Elle a été bâtie par la mere du sultan (Aziz je suppose) apres un incendie en 1867 qui a détuit une mosquée plus ancienne. Les fenêtres sont tres grandes (plus que la porte) et la pancarte précise barok-rokoko (je ne m'en lasse pas !). Elle est entourée d'un grand bazar dans lequel un guide me déniche et m'invite a prendre un thé, apres avoir renoncé a me vendre quoi que ce soit alors que sa fille a un magasin de tapis... parait que je ne ressemble pas aux autres touristes. Il parle tres bien français (il y en a quelques uns ici) et me signale que la mort de Mevlana ayant eu lieu un 17 décembre, il y a une semaine spéciale derviches cet hiver... et que je suis invitée.
la Serafeddin camii date de 1636. Je me contente de l'extérieur, côté mosquées je commence un peu a saturer. En plus, j'ai de la chance : c'est la semaine des mosquées, comme ça j'aurai une jolie banderole sur toutes les photos !
Je prends au passage l'école de l'industrie, avant d'aller au musée Karatay. Le gardien tient a bavarder et prendre un thé au chaud... et malheureusement aussi a me présenter a un groupe de Français qui vient de débarquer et que j'avais soigneusement ignoré : il est fier de mon turc et tient a leur en faire part ! (sûr que ça a dû les passionner !).
Le musée (entrée 2 millions) est une ancienne école et garde de superbes céramiques turquoises, bleues et noires, notamment sous la 1ere coupole. Elle date de 1251 et a été construite par le grand vizir Celalettin Karatay : sa tombe est d'ailleurs dans l'une des salles.

05 octobre 2004

Konya

Le soleil levant teinte de rose les montagnes autour de Konya. Dommage que les immeubles cassent un peu le spectacle, on se croirait hors du temps...
Je ne sais pas combien il fait ici, mais a côté d'Antioche, ça caille ! Ma chemise et ma veste photo (restée inemployée pour cause de chaleur) sont tres nettement insuffisantes !
Je discute avec le chauffeur de taxi : il est de Hatay et ravi de mon turc. Du coup, il ne me demande que 12 millions alors qu'il s'est arrangé pour en afficher 24 ! A un moment, le compteur est passé brusquement de 14 a 20 millions... cherchez l'erreur !!!
Le Konya oteli conseillé par je ne sais quel guide est loin d'être génial et a 30 millions, je ne cherche même pas a négocier ! Dans le coin, les hôtels ce n'est pas ce qu'il manque. Le Yasin est bien placé, propre, il y a de l'eau chaude : pour 20 millions, il me convient tres bien.
En attendant qu'ils préparent ma chambre, je fais un tour/repérage dans le quartier. Le musée de Mevlana est a côté et 2 représentants de la police font un détour pour m'accompagner a l'office du tourisme qui a part une carte tres sommaire de la ville, n'a rien a proposer...
Apres recherches laborieuses, et n'ayant aucune envie de kebap a 9 h du mat, je finis par tomber sur une excellente pastane : 1 pogaca normal, un au fromage, une creme chocolat, un nes, une bouteille d'eau : 3 millions.
Konya, ex Iconium et capitale seldjoukide, a vu passer pas mal de monde : les Lydiens, les Perses, Alexandre (le Grand, pas le coiffeur), les Romains, les Seldjoukides, les Arabes, les Ottomans, entre autres... Même Saint Paul y serait venu en 47/50.
La capitale des derviches tourneurs est tres pratique, même avec mon (ab)sens de l'orientation. Le principal de ce qu'il y a a voir est concentré entre 2 places reliées par une grande avenue. D'un côté, le petit mont avec la mosquée Alaadin, de l'autre la place du musée de Mevlana (entre Alaadin caddesi et Mevlana caddesi, les 2 rues se prolongeant l'une l'autre). Difficile de faire plus simple, Konya restera pour moi la ville ou je n'ai pas réussi a me perdre !
La Selimiye camii a été commencée par Selim II alors gouverneur de la ville et terminée pendant son regne (1566-1574). A l'origine, ça devait être un cadeau pour Soliman le Magnifique, mais Selim a dû penser que les absents ayant toujours tort, il lui revenait de laisser son nom a la postérité.
Le musée et le tekke de Mevlana (fermés le lundi : 3 millions) sont dans la roseraie de l'ancien sérail. Le turbeh date de 1274 et la célebre coupole en faience verte de 1396.
Visite un peu décevante. Les jardins et cimetieres derriere sont fermés au public, la seule salle avec des reconstitutions intéressantes est interdite de photos, l'intérieur du turbeh est trop sombre sans flash et il y a un monde fou. Entre les pélerins et les touristes qui débarquent par cars entiers, ça fait du peuple ! Le comble, c'est les grappes de Français pendues a leurs guides... plus calme dehors !
Sur le chemin de l'Alaadin camii (1251) et ses 41 colonnes byzantines, il y a 2 anciennes mosquées (Serafedin camii et Iplikçi camii).
Dans la cour, 2 turbehs intéressants et un peu plus bas, une sorte de coupole en béton qui protege des restes byzantins. Le tout est dans l'un des nombreux parcs qui parsement la ville.
L'ince minare medresesi (l'école au fin minaret, ce qui est faux, il n'a rien de spécialement fin) est derriere la colline. Le minaret est décoré de céramique bleue et le portail joliment sculpté.
A l'intérieur (2 millions), le musée abrite principalement des morceaux de pierres tombales, certains avec des écritures, d'autres avec des sculptures comme des anges, des aigles a 2 têtes... Pour une fois qu'il y a des indications en français, j'en profite : l'ince minare medresesi (1264) est a l'ouest du sommet Alâadin. L'école a été bâtie par le vizir Sahip Ata Fahreddin Ali sous le regne du sultan Izzedin Keykâvus II pour enseigner la théologie (le hadite). L'architecte est Kelût, fils d'Abdullah (non, pas celui-la) et la medrese a une cour ouverte, une seule exedre et présente un portail seldjoukide sur lequel sont sculptées des colonnes représentant des artichauts, Roumi (faut de l'imagination) et des plantes.
Extérieur du musée Karatay (plus l'heure pour les photos), avant un diner au Mevlevi sofrasi (pres du musée de Mevlana). Pas le temps d'en profiter : en quelques minutes le soleil se couche et il fait beaucoup trop froid pour paresser sur la terrasse.
Avant d'être conpletement congelée, j'avale le plus rapidement possible :
- des sarma : ici elles sont petites et servies chaudes, - un saç kavurma : petits morceaux de viande sautée avec des tomates et du piment, - un coca et une bouteille d'eau... le tout, 8,5 millions.

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