Affichage des articles dont le libellé est Diyarbakir. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Diyarbakir. Afficher tous les articles

09 août 2005

Diyarbakir

Coucher 2 h, lever a 6 h : fait trop chaud pour dormir ! Tout est chaud, meme aux heures fraiches, y compris les murs de la chambre, les serviettes de toilette, et l`eau pour la douche...
Petit dej en terrasse. Tout le monde vient me saluer avec de grands sourires : sont contents.
Autant prevenir tout de suite, la crise de gatisme risque d`etre aigue, d`autant qu`il y en a qui en plus d`afficher un sourire radieux, se mettent a chanter au lieu de dire bonjour !
Tour efficace avec le pseudo guide des monuments sur ma liste du jour :
- turbeh et mescid de Sari Saltuk baba
- eglise Meriem Ana batie sur un ancien temple du soleil (syriaque orthodoxe)
- Keci burcu : en 3 ans, la jolie chimere en a pris plein la tete
- buyuk kervansaray hotel
- remparts pour admirer la restauration à la kurde !
Tour au magasin de tapis ou il travaille ou je peux photographier 2 anciens tapis russes interessants. Ca fait un moment que je cherche a determiner son origine : bien qu`il pretende etre Kurde, ca ne colle pas.
Il me raconte qu`il n`est pas marie, alors qu`hier soir il portait une alliance. Il parle a tout le monde en turc, ce qui est loin d`etre le reflexe du coin. Il n`a ni le physique ni l`attitude d`un Kurde. La seule ville kurde qu`il connaisse c`est Mus (dont sa mere est originaire) et il fait multiplier par 2 les prix (coca, taxi...).
C`est au magasin de tapis que ca fait tilt. Son patron veut que j`aille visiter l`eglise chaldeenne et m`engage a faire tres attention de ne pas me faire voler... a croire que tous les arnaqueurs chaldeens de Diyarbakir veillent a ma securite : a leur profit bien sur !
Cout du pseudo guide, environ 12 YTL, soit moins que ce que j`aurais donne a un guide honnete, et dans la foulee j`ai en prime des cours de turc, un porteur de sac et surtout un gain de temps plus que bienvenu.
Dans le dolmus, je m`informe aupres de ma voisine sur le prix du trajet. Grondements de la presque totalite des passagers quand elle m`annonce 4 YTL pour Hasankeyf. Elle se justifie par un "mais c`est une etrangere !" et se prend immediatement un "pourquoi, tu es kurmandji toi ?" qui la laisse dans un silence prudent pendant tout le trajet (2,5 YTL).
Les Turcs qui trouvent tout a fait normal de faire payer plus cher les Europeens (et pas qu`un peu), se mettraient a coup sur a hurler au racisme si ils etaient taxes en Europe... y a encore du boulot !
Juste avant que je sorte du dolmus, elle se rend compte que j`ai parfaitement compris ses reflexions et se justifie betement en m`expliquant qu`elle ne savait pas que je parlais turc : je ne resiste pas au "je suis etrangere, mais je parle turc : ca fait combien ?"

08 août 2005

Palpitants les transports !

Taxi pour l'otogar toujours sans compteur ni arnaque (3 YTL).
Divrigi/Kengal : 83 km, 1 h 20, 5 YTL. Petit dej a Kengal (12.100 habitants prétend un panneau), apres avoir pris un billet pour Malatya (3 h, 10 YTL).
Aucun des préposés de la compagnie n'est visiblement capable de prévenir que le minibus est arrivé, et il faut se débrouiller avec les bagages et les mettre dans le coffre soi-même tellement ils sont léthargiques (une premiere en Turquie) !
Les billets n'assignant pas de numéro de place, je demande a un type de me laisser passer pour que je puisse accéder a celle qui est libre a côté de lui : tout juste si il ne fait pas un scandale a l'idée de la proximité d'une femelle ! Vu sa tronche, aucun risque que je lui saute dessus pendant le trajet, mais il préfere décamper...
Et laisser la place a une mere de famille et ses 2 gosses. Heureusement, la petite arrive a se caser ailleurs, mais reste la mere, son odeur et son fils... Elle estime vite que la chaleur lui permet d'enlever son manteau (sic) en toute décence, et la ça devient vite insoutenable !
Elle veut savoir si je parle turc : je préfere ne pas répondre et lui lancer un regard tres éloquent sur la distance a respecter, parce que bien évidemment, avec son moutard, elle s'étale pour mieux me coller ! Moutard qui se met bientôt a vomir consciencieusement les sucreries qu'il a ingurgitées avant de monter. Décidément, je les collectionne ! Ca m'était déja arrivé l'année derniere la puanteur sans complexe trempée de sueur (pas de la veille) et le chiard qui passe le trajet a gerber...
A l'arrivée, vu l'air alerte du préposé, je récupere seule les bagages avec 4 voies a traverser : 200 m de détour pour déposer les passagers a l'otogar, visiblement c'est trop demander, alors qu'on a joué les omnibus.
Au premier comptoir, on me jure que le prochain car est a 5 h et qu'il n'y en a pas d'autre avant, mais plus confortable, y a pas !
2 guichets plus loin, il y en a un qui part a 1 h 30 ( 15 YTL). A Diyarbakir, le chauffeur (de Bingol) me demande pourquoi je veux descendre. Pas question de monter dans un taxi qui va me prendre mes sous alors que lui peut m'accompagner a l'hôtel (Malkoç : toujours aussi usé mais sympa et propre, 12,5 YTL).
A l'internet café, un "ami guide" de l'hôtel vient me voir pour m'expliquer que si j'ai besoin de quoi que ce soit, il sera heureux de me rendre service. J'hésite a le classer dans la case mouchard ou pot de colle profiteur... probablement les 2.
Dans la rue et au resto, les clopes et les briquets se tendent, et je ne croise que des sourires accompagnés de petits mots de bienvenue.
Kahvalti (super bon) : fromage du coin, miel, olives, thé, eau (3,5 YTL).
Par le plus grand des hasards (ben voyons !), le "guide" passe par la et s'installe a ma table. Pose beaucoup trop de questions pour être clean celui-la ! J'évite la politique pour l'embarquer sur l'architecture et l'histoire de la région : si il a un rapport a faire, on risque de lui demander d'arrêter de fumer la moquette...
Il prétend évidemment ne pas parler un mot de français, mais laisse échapper un "on y va" qu'il justifie devant un regard ironique par l'obligation de connaitre 2 ou 3 mots pour vendre des tapis. Enfin bref, demain il me sert de guide "gracieux" pour que je puisse faire en un minimum de temps les sites que j'ai prévus de photographier.
A peine rentrée dans ma chambre, vers 1 h 30, et apres avoir répondu au bureau des réclamations (réception) qui ronchonne un ousktété, le téléphone sonne. 20 mn pour convaincre le réceptionniste que je n'ai pas soif, ni faim, que j'ai du boulot, une douche a prendre, et autre chose a faire que descendre tailler une bavette en pleine nuit. Il en conclut donc tres logiquement (logique kurde) qu'il doit venir avec moi a Hasankeyf !

13 septembre 2004

Diyarbakir, suite

On passe l'apres-midi entre le quartier des forgerons du grand bazar et les éventuels loueurs de voitures. On doit refuser les particuliers dans nos prix a cause de l'assurance et/ou du chauffeur imposé, et les 2 seules agences officielles pratiquent des tarifs prohibitifs : 96 millions la journée, soit plus cher qu'un vol pour Istanbul !
Dans la boutique de Mustafa, c'est le défilé, jusqu'a un grand-pere de plus de 70 ans qui vient me signaler qu'il cherche une femme au cas ou ça pourrait m'intéresser... Notre gentil accompagnateur (une 20e d'années) qui s'est mis spontanément a notre disposition pour la journée me répete que je suis çok güzel et regrette que la vie soit mal faite : si on avait le même âge, il m'épouserait. Entre les 2, ça fait une bonne moyenne !
Un "spas" a Mustafa m'a vallu un ban d'honneur et tous les forgerons s'interpellent : "Elle a dit merci en kurde !". Ils ne changeront jamais, ce n'est vraiment pas compliqué de leur faire plaisir !
On les laisse a leur enthousiasme pour filer a la Safa camii : bonne surprise, le minaret est sculpté comme ceux de Mardin ou de Hasankeyf.
Mustafa nous a prévenues que nous étions ses misafir (invité) et nous présente sa petite famille : 6 garçons et une fille. Si lui ne sait pas lire, ses fils vont a l'université ou sont en passe d'y entrer (la petite derniere est pour l'instant plus intéressée par les jupes de sa mere).
Dans la région, les études ne garantissent absolument pas de trouver un travail, même de serveur, mais l'élévation du niveau intellectuel est de bon augure.
Mustafa dont la famille vit ici depuis plus de 110 ans a une histoire d'amour typiquement kurde (trad. : qui finit mal). Il est tombé amoureux d'une Française de passage et a attendu de nombreuses années qu'elle revienne pour l'épouser. Bien plus tard, ayant perdu tout espoir, il a accepté, apres l'avoir vue une fois, la femme que sa mere lui avait choisie... et il en parle encore des décennies et 7 enfants plus tard.

Diyarbakir

Le serveur de la pastane met un moment a comprendre que je veux un nes chaud avec du lait froid. Le 1er qu'il m'apporte est au lait chaud, le second sans nes ! Incapable d'expliquer pourquoi il ne peut servir de lait froid : ne s'était même jamais poser la question, je préfere laisser tomber et ses petits pains sont bons (2 pogaca, 2 "nes" : 1,5 millions).
En sortant de l'ulu cami, on tombe sur le directeur de l'office du tourisme qui a arnaqué 2 copains a Nat. La, il termine un Belge qu'il a trimballé plusieurs jours et le laisserait volontiers si il était sûr de pouvoir nous mettre le grappin dessus...
Direction le minaret aux 4 pieds : bof ! Aucun angle pour l'avoir entier et le coin est passablement encombré. La petite mosquée dont il dépend, la Seyh Mutahhar camii, daterait de 1.500.
Pas plus d'angle valable pour la prendre, mais de l'entrée on aperçoit le clocher de St Antoine de Padoue (Mar Petyun). Ca tombe bien, le gardien qui parle français vient carrément nous chercher pour visiter, probablement alléché a la perspective d'un pourboire.
L'église du 17e était attenante a un monastere, maintenant en ruines. A peine entrées, le gardien nous force a nous assoir : il tient a débiter son discours avant de nous taxer. Il ressort de ses explications que les Chaldéens sont venus de Babylone, sont devenus catholiques en 1621 et que leur échevéché est a Bagdad.
Il y aurait une communauté de 450 famille en Turquie, soit entre 2.000 et 4.000 personnes. A Istanbul, ils sont représentés par Mgr Karatas qui officie au Balik pazari.
A Diyarbakir, 30 familles assistent un dimanche par mois a la messe. Les enfants vont a l'école publique et la communauté n'aurait aucun probleme avec les musulmans en général et les autorités en particulier : c'est bien la premiere fois que j'entends ça d'une minorité de la région ! Ces renseignements dignes de foi nous coûtent 3 millions (on l'envoie bouler pour les suppléments) et je peux faire quelques photos.
Avant de partir, le Monsieur qui n'a aucun probleme nous met en garde contre ces voleurs de Kurdes et me court apres pour vérifier que mon sac est fermé... pauvre type ! Si les Kurdes sont voleurs, ils ne le sont que de sourires et avec eux, c'est gratuit !!! Même pas besoin de poser de questions, ils s'empressent de nous indiquer l'église arménienne orthodoxe... enfin, les ruines de !
Surp Giragos a été totalement détruite par l'armée il y a une dizaine d'années. La situation s'améliorant, un projet de "restauration" sur 2 ans devrait débuter dans 6 mois pour réparer le gâchis. Ce que l'on devine derriere les portes fermées a dû avoir beaucoup d'allure si on en juge par les moignons d'arches et les débris des 3 autels.
La communauté arménienne orthodoxe a Diyarbakir ne compte plus qu'une trentaine de personnes, mais rencontre beaucoup moins de problemes depuis fin 2002, début 2003, donc apres la levée de l'état d'urgence. Il y a une petite chapelle qui accueille les fideles, mais elle est dans un état de pauvreté navrant.

12 septembre 2004

Urfa - Diyarbakir

Urfa/Diyarbakir : 2 h 30, 8 millions. De nuit, pas évident d'évaluer les changements, mais il me semble que beucoup d'immeubles ont poussé en 2 ans.
La compagnie de car assure un servis jusqu'en ville. On essaie l'hôtel Kaplan qui accepte de baisser de 35 a 30 millions pour 2. Trop cher pour ici, j'envoie Nat négocier a celui d'a côté qui nous laisse 2 chambres pour 20 millions. Ce qui est marrant, c'est qu'au cours d'un voyage avec Sandrine, nous avions suivi le même parcours.
Le Malkoç est propre, bien entretenu malgré son âge, le personnel est sympa et surtout, il y a de l'eau chaude, ce qui change agréablement. A part l'abruti de service qui me répete 5 fois son numéro de chambre, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes (trad. : c'est plein de Kurdes partout et en plus ravis de nous voir) !

Nouveau blog - Nouveau forum

Le blog a changé d'adresse. Pour lire la suite et consulter les posts avec les photos, cliquez ici.

Pour le nouveau forum, c'est ici.