Affichage des articles dont le libellé est Turquie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Turquie. Afficher tous les articles

25 octobre 2008

Rions un peu

Bon, je suis "un peu" à la bourre dans le blog, mais je vais très bientôt sortir de Suleymaniye, promis !
En attendant, rions un peu :
"Bu siteye erişim mahkeme kararıyla engellenmiştir. T.C. Diyarbakır 1. Sulh Ceza Mahkemesi 20.10.2008 tarih ve 2008/2761 sayılı kararı gereği bu siteye erişim engellenmiştir. Access to this web site has been suspended in accordance with decision no: 2008/2761 of T.R. Diyarbakır 1st Criminal Court of Peace."
Voilà, donc ce blog n'est plus accessible en Turquie !
Si les honorables juges de la chambre criminelle de Diyarbakir (et ceux qui les ont saisis par la même occasion) pouvaient me faire l'immense honneur d'interdire aussi mon site photo, ça m'arrangerait beaucoup : ça m'éviterait de me faire piller en permanence par d'honorables villes et journaux turcs... entre autres !
Ah oui, ça aurait aussi été sympa de la part des honorables sus-mentionnés d'avoir l'élémentaire courtoisie de me faire part d'une décision qui me concerne et qui a été prise sans que je n'en ai jamais été informée. Belle leçon de courage qui laisse mal augurer des droits de la défense... Elle est loin l'entrée dans l'UE !!!

02 septembre 2005

C'est pas tout ça, mais faut rentrer bosser !

J'apprécie la balade jusqu'à Kadiköy, c'est toujours sympa en vapur, surtout qu'il fait beau.
Seçkin est pratiquement à l'heure (rare ici) et m'entraîne au resto. Très sympa, il a été guide dans le temps, y compris dans le Sud-Est, et n'a donc pas les mêmes à priori que le commun des Stambouliotes. Il comprend vite mon problème : je veux que le bouquin soit retiré de la vente, histoire de faire réfléchir ou tout au moins hésiter les prochains.
Question honoraires, il ne me demande que l'avance des frais de procédure (conseil aux avocats parisiens : venez faire un stage ici !). Le seul problème, c'est qu'il faut que je le déclare chez un notaire pour qu'il puisse me représenter.
Ca explique toutes les pancartes "Noter" un peu partout. Seçkin me dépose donc chez un noter de Galata où on s'occupe immédiatement de mon cas (sans rendez-vous !) et me gave de gâteaux et de thé le temps de mettre des tampons un peu partout. Voilà, maintenant j'ai un avocat turc, qui peut me représenter pour tout, sauf pour divorcer m'explique-t-il un peu embêté... pas grave, je ne suis pas mariée de toute façon.
Dernier passage chez Zümrüt, labo à qui j'ai confié mes pellicules, moins celles du Kurdistan histoire de leur éviter une attaque devant le sourire des peshmergas. Les photos seront plus lourdes à transporter que les pellicules, mais le travail est impeccable, les prix très largement inférieurs à ceux des labos parisiens, et en prime, ils m'ont tout gravé sur CD en 300 ppp. Dommage, juste en 10 x 15, mais on ne va pas pinailler pour si peu, ça va déjà pas mal m'avancer, d'autant que vu le nombre de photos, c'est un bonus commercial gracieusement offert.
Tout irait bien si je ne devais pas me préparer à rentrer... sous la pluie évidemment !

01 septembre 2005

Courageux mais pas téméraire !

Rendez-vous donc à Levent. Genre la Défense mais en hyper sécurisé : pour rentrer dans l'immeuble faut montrer patte blanche (très).
Je suis reçue presque immédiatement par l'avocat qui était prêt hier à s'occuper de mon dossier... hier ! Entre-temps, il a dormi et s'est réveillé tremblant à l'idée d'intenter un procès à un éditeur diffusant la prose d'un ex-PKK : paraît que tous ses collaborateurs sont dans le même état.
J'admire le courage de mes compatriote et leur clairvoyance : à priori, aucun avocat, y compris turc, n'oserait prendre un tel risque.
Ca fait marrer celui que j'arrive enfin à joindre (trois jours que j'essaie), et coup de chance, il parle très bien français.

31 août 2005

Istanbul

Une petite semaine entre potes, Fener (sous toutes les coutures) et course à l'avocat, un crétin d'ex-PKK s'étant permis d'utiliser une de mes photos pour la couverture de son bouquin. La contrefaçon qui n'est pas une première ici commerce sérieusement à me gonfler, d'autant que je ne tombe que sur un pourcentage infime !
Enfin bref, j'ai rendez-vous demain avec un avocat d'un grand cabinet... français.

25 août 2005

Retour à Istanbul

Je cherche un moment le palais des sénateurs (senato sarayi) avant de comprendre : à part le panneau qui l'indique, il n'y a plus rien à voir !

La Göl kapi est en ruines, mais la balade au bord du lac est calme et joliment aménagée. J'en profite avant d'aller à l'otogar (5 millions en taxi) en me promettant que je reviendrai avec du matériel en état de fonctionnement.

Il y a un départ immédiat pour Yalova (5 millions, 1 h) où je manque de peu le ferry pour Yenikapi (1 h, 10 millions). En attendant le suivant, je prends un döner/coca à l'embarcadère (8 millions). Le serveur veille sur mes sacs et vient me parler dès qu'il a quelques minutes libres... de Victor Hugo ! C'est la première fois : d'habitude, c'est Zidan ou Chirac qui font les frais de la conversation. Pour info, il n'y a aucun accès au pont du ferry pour les passagers et interdiction de fumer : ggrrr !

24 août 2005

Iznik

Re-malaise : ça devient de plus en plus fréquent et impossible de trouver un petit dej digne de ce nom dans le coin : ce n'est pas un kebap qui va me remettre en forme, déjà rien que l'odeur dès le matin !
Pas le courage de prendre les transports en commun avec 25 kg à porter, donc taxi jusqu'à l'otogar (16 millions) qui me laisse, contrairement à ce que je lui avait demandé, loin des mini bus. Heureusement, les Turcs sont sympas et un monsieur court pour m'aider sans que je n'ai rien demandé à personne.
Les mini bus sont ici nettement plus luxueux que dans les zones kurdes, comme d'ailleurs tout ce qui roule !
Bursa/Iznik (environ 1 h 10, 4 millions - Iznik 20.200 habitants).
L'hôtel Aydin est à côté de l'arrêt près de Aya Sofia. 35 millions, mais le standing est nettement plus élevé que d'habitude.
Iznik (ancienne Nicée) est une ville comme je les aime : verdoyante, entre modernité et ruines antiques, taille humaine, lac, alentours prospères (jamais autant vu d'oliviers).
J'ai pas mal de choses à voir :
- Aya Sofia : les structures extérieures sont relativement en bon état. Style typique des églises byzantines, Sinan aurait participé à sa transformation (entrée 5 millions).

- Mahmut çelebi camii (1442)

- Haci Özbek camii (m:1332)

- Seyh Kutbeddin (tombe construite par Candarli Ibrahim pasa pour Mehmed Muhyiddin Bin Kutbeddin-i Izniki mort en 1418)

- Lefke kapi

- II Murat hamami (Haci Hamza 500YY)

- çini firinlari

- les ramparts avec sur les portes des inscriptions en grec et des fresques bien conservées

- le théâtre antique : en ruines malheureusement et comme je suis encore sous le coup de celui d'Orange, moins d'intérêt que prévu

- le musée très bien restauré

- yesil cami (encore et toujours pas verte)

- Yakup celebi camii

- Kyrgyz turbe

Journée bien remplie, je reprends des forces avec une glace pêche/citron sur la terrasse de l'hôtel. Bon, elle n'a ni le goût de pêche et je cherche toujours celui du citron, mais de superbes couleurs qui ne doivent pas grand chose aux fruits !

Je tente ma chance au magasin photo en face, mais ils ne font pas de réparation. Ca désole le jeune vendeur qui me sort précautionneusement son propre boîtier Minolta et insiste pour me le prêter. Incroyable, alors que je viens de lui expliquer que j'en ai bousillé 2 en 48 h ! C'est vraiment gentil, mais avec la poisse que j'ai en ce moment, je préfère continuer avec celui qui me reste, plein de poussière cappadocienne, mais qui fonctionne encore.

Dîner en face de l'hôtel : excellente soupe de poisson pour 1,5 millions.

Ce matin, le réceptionniste a annoncé d'un air très fier à la cantonade que j'étais française, de Paris (le top quoi) et que je parlais turc : genre, mon hôtel ne reçoit pas n'importe qui ! Depuis, dès que je passe 5 mn sur la terrasse, c'est le défilé. Je peux toujours prétendre que je parle UN PEU turc, il y en a toujours un pour expliquer à qui veut l'entendre que je parle parfaitement... me feront toujours marrer !

Iznik mérite vraiment le détour même si elle n'a plus ses célèbres anciennes céramiques (Istanbul en est largement mieux lotie). Le commerce de reproductions artisanales a l'air de bien se porter, et les 2 petits bols que j'ai achetés sont mignons comme tout. Dommage de ne pouvoir rapporter de pièces plus conséquentes, mais je n'ai pas la place nécessaire dans mes sacs et je ne voudrai pas que de splendides reproductions arrivent à Paris dans le même état que mes appareils !

7 pellicules aujourd'hui alors que je n'ai pas l'impression d'avoir pris beaucoup... On s'habitue vite au confort du numérique qui permet de mitrailler et de sélectionner tranquillement après.

Va falloir que je ralentisse sérieusement si je veux tenir jusqu'à l'aéroport !

23 août 2005

Bursa

Arrivée à Bursa (1।195.000 habitants d'après un panneau) et taxi arnaque (15 millions) pour l'hôtel Günes. La chambre est petite (à peine la place pour mes sacs) mais propre et les sanitaires sont sur le palier.

Je commence par l'extérieur de l'ulu cami : elle est immense, je suis obligée de la photographier en kit !

La ville est grande, trop bruyante à mon goût, mais elle joue à fond la carte ottomane avec des monuments en excellent état।

La Gazi Orhan camii est sympa, mais toujours autant de circulation pas géniale pour les photos। Quitte à prendre un bain de foule, les bazars feront l'affaire : kapali çarsi, uzun çarsi, tuz çarsi...

Un tour à Yigit köhne camii avant d'aller au musée qui a l'air très intéressant, mais qui est évidemment fermé। Quelques photos à travers la grille, recharge du 500 SI et direction yesil cami (en fait blanche et non verte comme le suggère son nom ) et le célèbre yesil turbe (en fait bleu et non vert).

Un bruit sec et mou à la foi m'arrête : quelle nulle ! J'ai laissé le numérique sur mon sac photo en bandoulière pour recharger l'argentique et j'ai oublié de remettre la sangle à l'épaule... et mon nouveau joujou a fait un plongeon et atterri sur le bitume।

Le drame ! Un sélecteur sérieusement amoché et l'électronique en a pris un coup et me refuse toute collaboration...

Dej (iskender, coca, nes : 14 millions) dans un resto près des yesil, pendant lequel je tente de démonter l'appareil : impossible ! Malgré mes tournevis miniatures, c'est fou le nombre de vis que les ingénieurs sadiques de Minolta ont plantées dans le boîtier... j'abandonne, mais je n'ai plus le coeur de photographier।

Quelques photos quand même, mais sans conviction : 2 appareils HS en 48 h, ça fait un peu beaucoup et ça ne va pas être simple de terminer avec le seul qui soit encore intact. Je ne suis pas superstitieuse, mais j'ai du mal à me débarrasser de l'idée "pas deux sans trois"...

22 août 2005

Göreme

Départ prévu en fin de journée et rien à organiser : Ahmet s'est occupé de me réserver une place dans le bus et a envoyé son fils chercher mon billet, le tout gracieusement évidemment et en prime, il refuse énergiquement que je paie quoique ce soit pour mon séjour ! J'ai déjà parlé de l'hospitalité turque ?

Je vais faire un tour à Göreme (environ 5 km) en tentant de suivre ses indications, mais j'ai visiblement encore loupé une partie du parcours. Pas dramatique, les cheminées de fées, ça pousse partout dans le coin. Beaucoup comportent des grottes qui ont été occupées, mais les entrées sont trop hautes pour que je puisse y jeter un coup d'oeil.

Göreme est une petite ville touristique, donc évidemment plus chère que les villages du coin : bof, je préfère le charme plus typique et le calme de Cavusin. J'aurais dû prendre le car à 500 m de la pension, mais Ahmet m'accompagne en voiture à la station de Göreme. Comme nous n'avons pas eu beaucoup l'occasion de nous voir, ça nous permet de discuter un peu. Si il est bien plus indulgent que moi vis à vis des touristes, il partage mon opinion sur le manque de tact de certains. Je le console : ils ont l'air malin avec leur mini short qui met en valeur leurs cuisses écrevisses ! Adieux rapides à l'arrivée du car. Direction Bursa via Kayseri (19 h 30 à 7 h : 30 millions).

21 août 2005

Les vallées de çavusin

Aujourd'hui, vallée rose et vallée rouge, toujours avec les explications et les photos points de repère d'Ahmet, en plus le début du parcours est fléché।
Grimpette, grimpette, grimpette। J''essaie d'oublier un vertige naissant en croisant les doigts pour que ça ne s'aggrave pas, d'autant qu'il n'est pas question de demander de l'aide : pas un chat à l'horizon.
En voulant passer dans un tunnel étroit (de toute façon, il n'y a pas d'autre chemin), je rape un pare-soleil contre la paroi... ça ne fait que commencer !
Ce qui est galère c'est la poussière। La craie s'insinue partout et je passe un temps pas possible à nettoyer les objectifs, d'autant qu'avec le numérique ça ne pardonne pas : la haute résolution c'est valable aussi pour les défauts.
Arrivée à l'üzümlü kilise du 8e siècle (église avec du raisin), c'est fermé ainsi que la petite lokanta à côté।
Je continue sans me tromper pour une fois, jusqu'à un passage qui ne me dit rien du tout. Ils ont bien mis une corde, mais trop haute pour moi, et même sans matériel ça craint. J'essaie quand même en laissant le sac derrière... et me rattrape au dernier moment avant de faire un plongeon d'une dizaine de mètres.
Ouais, ben, demi-tour, parait qu'il y a 2 autres chemins en arrivant sur la gauche. Je fais donc des kilomètres de chemins sur la gauche qui ne mènent à rien : encore heureuse de retrouver l'église aux raisins !
Cette fois, la lokanta est ouverte et investie par des Français. Arrêt bouffe donc, et le gardien me donne les clés de l'église. Ici aussi, les fresques sont saccagées. Je lui explique le passage infranchissable (vertige, matériel), et sympa, il m'indique un chemin qui suit un cours d'eau pour rentrer.
En fait, ce n'est pas à côté mais dans l'ancien lit d'un torrent aux arrêtes aigues, avec tunnels, dont un de 37 m dans le noir total. J'utilise le flash pour me repérer et éviter une éventuelle chute, mais mon jean ne résiste pas à ce qui ressemble à de la pierre ponce !
Je suis obligée de laisser tomber le sac photo avant moi (impossible de sauter avec), ce qui vaudra au 800 SI (dont le miroir n'est plus là où il devrait être) un séjour dans les ateliers Minolta.
Aucune chance de rebrousser chemin, et brusquement 2 échelles à pic : mal fichues, en fer et la première en plein soleil, donc archi brûlante. J'ai des sueurs froides rien qu'à l'idée de descendre ces horreurs, d'autant que je ne vais pas laisser ici le matériel !
Une heure à pester contre le gardien de l'église qui m'a indiqué ce chemin après que je lui ai expliqué que j'avais le vertige et le matériel à transporter। Contre la Cappadoce, pleine de poussière et de chemins pas praticables et sans le moindre Kurde secourable. Contre l'autre naze qui m'a fait perdre 3 jours et empêchée de faire le parcours prévu : loin d'ici !
Je finis quand même par arriver entière, mais trop tard pour reprendre le trajet en sens inverse pour atteindre l'église aux pigeons dont le nom me plaisait bien।
Heureusement, la journée se termine agréablement, en compagnie de Français profs à Alep et d'un succulent dîner : toujours ça, et puis j'ai plein de chouettes photos !

20 août 2005

Cappadoce

Arrivée à Kayseri à 4 h au lieu de 5 h. Un homme envoie son fils pour m'aider à porter mon sac jusqu'à l'otogar. Je le remercie une fois à destination, mais il ne veut pas partir en me laissant seule dans la nuit : impossible de rassurer un Turc qui s'estime responsable de votre protection parce qu'il vient juste de vous donner un coup de main et qu'il n'y a personne d'autre pour veiller sur vous !
Heureusement, les agences commencent à ouvrir et à chercher les clients et mon accompagnateur peut partir après s'être assuré qu'il me laisse entre de bonnes mains. L'ambiance matinale d'aujourd'hui change agréablement de l'atmosphère de racisme palpable que j'avais détestée il y a 3 ans et où tous les transporteurs (taxis, dolmus...) de la ville semblaient s'être donné pour consigne de nous empêcher d'aller à Haci Bektas...
Par contre, j'ai du mal à piger leur turc et eux le mien : même kahvalti leur prend pas mal de temps !
Petit dej pas terrible à 6 YTL, mais j'ai 3 h d'attente à essayer de rester éveillée, puis finalement 4 h, le premier car pour çavusin étant complet.
Le préposé de l'agence est un peu lourd : il n'arrête pas de m'appeler askim ! La drague grossière avec des vues à très court terme dès le matin, c'est franchement gonflant !
Kayseri/çavusin : 7 YTL. Il n'y a qu'une heure de trajet, mais à priori pas de dolmus et un tarif unique jusqu'à Nevsehir.
La pension (In pension) n'est qu'à 500 m de l'arrêt, mais qu'est ce que les sacs sont lourds ! Le village a l'air charmant et la pension d'Ahmet toute mignonne et calme avec sa petite cour sous les vignes. J'ai a peine le temps de croiser Ahmet à qui j'ai passé un coup de fil hier pour lui dire que je débarquai : même pas l'air surpris alors que son invitation date quand même de plusieurs années ! Ca c'est l'hospitalité turque : la maison est toujours ouverte...
Balade splendide dans un silence enchanteur, mais malgré le parcours annoté et avec points de repère photographiés que laisse Ahmet à la disposition de ses visiteurs, j'ai dû me planter dès la sortie du vieux village : jamais trouvé la petite ville voisine dont il parle !
Dej/Goûter : 12,5 YTL (güveç, 2 coca, eau) au resto en face, avant d'aller visiter l'église troglodyte du 10e siècle à l'entrée du village (église de Nicephorus Phocas 963-969). La visite est à 4 YTL et comme toutes les églises de ce type dans le coin, c'est minuscule avec des fresques généralement saccagées.
Dîner super bon avec des produits locaux dans la cour. Trois couples de Français sympas avec des gosses (pour une fois bien élevés !) finissent leurs 10 jours de vacances à la pension.
Sont tous enchantés du séjour et de l'accueil, y compris les gosses, preuve qu'il y a tout à gagner à sortir du troupeau des TO aux offres alléchantes, mais qui en échange se rattraperont par des prestations standardisées orientées vers le remplissage de leurs caisses. Ici, c'est dîner en famille, sans l'ombre d'un marchand de tapis comme c'est le cas de la très commerciale Göreme...

19 août 2005

Batman

Batman avait eu la brillante idée en début d'année d'organiser le concours de Miss Hasankeyf। Comme prévu, la manifestation a été annulée faute de candidatures locales : si la municipalité organise l'année prochaine le concours de l'idée la plus naze, là c'est clair qu'elle n'aura que l'embarras du choix et que le conseil municipal remportera la palme haut la main !
Pour le festival de septembre, histoire de faire oublier le concert nullissime de l'année dernière, paraît qu'ils ont prévu la venue de Sivan Perwer ce qui serait sans aucun doute nettement plus palpitant। Reste à savoir si Sivan acceptera l'invitation, parce que outre les pressions qu'il risque de subir (et pas que du côté turc), il faut une bonne dose de courage pour venir à Batman : risque d'y mourir d'ennui extrêmement élevé !
Heureusement, pour tromper l'attente, je peux passer quelques heures à rattraper mon retard internet dans le bureau d'une amie de Nesrin : ça sauve !
Selim qui malgré ses recherches n'avait aucune nouvelle de son fils depuis plus de 7 ans, a reçu (comme par hasard !) un courrier un mois après que j'ai parlé de sa situation sur le blog। Courrier lui annonçant malheureusement la mort de son fils en juillet (ben voyons !), dans la guérilla.
Ca pue l'exécution par le parti cette histoire ! Détail bien pratique, difficile de reconnaître le corps d'un disparu depuis des années, d'autant qu'il se serait bêtement fait exploser tout seul avec une grenade (pas simple de recoller les morceaux)... très crédible qu'un guérilléro entraîné par 7 ans dans la montagne fasse une erreur de débutant, que sa famille n'ait jamais été au courant de son engagement et qu'à l'ère des portables, elle reçoive une lettre plusieurs mois après la date supposée de "l'accident" !
A part ça, la situation économique est toujours plus que préoccupante ici : quand le gouvernement va-t-il se décider à investir pour que ses citoyens puissent avoir une vie un minimum décente ? Entre les gosses qui n'iront jamais à l'école et tentent de survivre avec des petits boulots des rues, et ceux qui n'ont que le choix de faire les poubelles avant leur ramassage, il est plus qu'urgent d'agir !
Idem pour la possession de fusils qui circulent sans problème et ouvertement : c'est pour aider le PKK à faire sa loi ?
Batman/Kayseri : départ 5 h, 40 YTL, 12 h de trajet।
J'ai à peine le temps de voir le paysage et de constater que les cultures sont un peu plus diversifiées que l'année dernière : les trajets de nuit en car sont les seuls moments où je peux en profiter pour récupérer côté sommeil !

18 août 2005

Idil

Petit dej difficile à dénicher : comprennent pas "kahvalti" et répondent juste à "nerede" (où ?), ce qui fait que tout le monde m'indique que je suis à Idil ! Je suis sauvée par un jeune qui a une lueur quand je lui fais la liste de tout ce qu'on peut trouver au petit dej. Il m'accompagne dans une lokanta en étage non indiquée à l'extérieur.
C'est simple, mais copieux, bon et pas cher : thé, soda, pain, tomates, concombres, une assiette d'olives, une autre de fromage pour 3,5 YTL.
Je demande à des gosses de m'indiquer l'église de Meryem Ana mais je suis arrêtée en route par 3 femmes (2 musulmanes et une chrétienne) qui veulent absolument que je mange des figues qu'elles viennent de cueillir. Je n'essaie même pas de refuser et ça tombe bien, la chrétienne est gardienne des clés de l'église et envoie même chercher un jeune qui parle français.
Meryem Ana daterait de 57 et serait la deuxième église après celle de Saint Pierre à Antakya. Il reste à Idil 7 à 8 familles de syriaques orthodoxes et presque plus de catholiques, mais les exilés, la plupart en Europe, commencent à revenir.
Il y avait avant la guerre dans la région près de 700 familles et 120 d'entre elles envisagent de rentrer au pays.
Je loupe à quelques secondes le dolmus pour Midyat (4 YTL) et le bakkal à côté de la maison des enseignants m'installe au frais dans sa boutique pendant qu'il surveille l'arrivée du prochain. Il finit par décider de m'embarquer dans sa voiture avec un autre voyageur et nous accompagne jusqu'à l'arrêt officiel.
Le deuxième voyageur qui va comme moi jusqu'à Batman ne manque pas à la tradition kurde et comme je suis seule, s'autoproclame protecteur, porteur de sac, fournisseur d'eau et de clopes jusqu'à destination. Ca me fait toujours marrer quand on me prend pour une dingue de voyager seule dans la région : difficile d'avoir de gros problèmes quand tous les Kurdes surveillent !
Midyat/Batman : 5 YTL. Nesrin vient me chercher et m'embarque chez un glacier, avant d'aller chez elle où en attendant son mari (toubib très sympa) il faut manger une assiette de fruits... avant d'aller au resto !
En chemin, on passe chercher Selim très content de me revoir, mais qui déchante vite quand il me demande ce qu'on fait les prochains jours : je ne reste que 24 h !
Je ne suis passée à Batman que parce que j'avais prévenu que je venais pour Sophie qui à mieux à faire que de respecter ses engagements : bilan total, 3 jours de perdus à cause de sa malhonnêteté, ce qui m'empêche de faire Van et Ani comme prévu...

17 août 2005

Les meilleures choses ont une fin... pour l'instant !

On fait du peshmerga-stop pour rejoindre le bureau où deux jeunes sont désignés pour nous escorter.
Après un petit dej improvisé (sandwich tomate/concombre et bouillon de poulet) et un tour en ville, crapahutage dans le cours d'un ruisseau en pleine nature pour rejoindre les ruines de la medersa aperçue hier en contrebas.
J'en profite pour photographier Pingouin qui me suit depuis des années dans tous mes voyages et que j'ai immortalisé dans les situations les plus loufoques. Pour me rattraper de l'avoir oublié au fond de mon sac, je le fait poser dans les bras du peshmerga en uniforme : je ne sais pas lequel des deux fait le plus mascotte !
Départ pour Zakho : 60 dinars jusqu'à la frontière où l'on change de taxi. C'est le moment que choisit Tom pour s'apercevoir qu'il a oublié son numérique sur le siège du premier véhicule... il y a de quoi enrager !
Notre chauffeur lui demande d'aller plaider auprès de la jandarma responsable du contrôle des véhicules pour avoir l'autorisation de se mettre en tête de file. Evidemment, ce n'est pas en prétendant qu'on doit se rendre d'urgence à Diyarbakir que ça risque d'accélérer les choses (conseil : ne jamais écouter leurs brillantes idées) !
J'attends confortablement assise (plus sympa dans ce sens la douane) et je suis aux premières loges pour assister au démasquage d'un trafiquant kurde... de sucre ! Pourquoi diable cacher du sucre dans les phares et comment le contrôle (sommaire) a bien pu détecter ?!?
Le passeur en est quitte pour démonter ses phares et enlever les sacs litigieux avant de repartir, condamné à boire son thé sans sucre.
Notre taxi n'ayant pas beaucoup progressé dans la file d'attente, je mise sur la curiosité turque et sors une carte que j'étudie avec l'air tranquille de celle bien décidée à y passer son après-midi. Ca ne loupe pas : il faut à peine 2 minutes à un militaire pour venir se pencher sur moi et engager la conversation. Je lui explique que je vais en Cappadoce : il essaie d'intercéder en faveur Trabzon dont il est originaire, et décide que j'ai mieux à faire qu'à attendre et qu'il faut demander au taxi de doubler les autres voitures, ce qui nous fait gagner un temps appréciable.
C'est plus rapide d'obtenir le tampon d'entrée en Turquie que le tampon de sortie pour l'Irak. Pas d'une rapidité excessive, mais quand même plus simple. Je profite des différents allers/retours pour faire un passage à la boutique duty-free : 24 YTL la cartouche de Marlboro.
Petite formalité supplémentaire, il faut passer dans un bureau de santé pour obtenir un tampon garantissant qu'on n'a pas attrapé plein de vilaines maladies au Kurdistan !
A Silopi, Tom trouve un car qui part immédiatement pour Istanbul... qu'il croit ! En fait, il aura plusieurs changements en cours de route et n'atteindra sa destination qu'après une bonne trentaine d'heures...
Un car me dépose gratieusement à Cizre où le préposé du dolmus pour Idil me promet qu'il y en a ensuite un autre pour Midyat. Evidemment, à Idil, le dernier vient de partir et le chauffeur me propose de m'accompagner pour la modique somme de 50 YTL. Autant dormir ici plutôt qu'à Midyat qui n'est de toute façon pas ma destination.
Appel de Rino, légèrement inquiet : Nat alertée par la mise en sommeil du blog et ne pouvant me joindre sur mon portable (pas de relais au Kurdistan avec mon opérateur turc) cherche à obtenir de mes nouvelles. Parait qu'elle a téléphoné à l'hôtel à Diyarbakir où on lui a menti que j'étais partie à Mardin (le Bilen n'a évidemment pas pu la renseigner). Les années de répression ont laissé des traces et la loi du silence joue encore à fond : ne pas donner de renseignements à un inconnu est une règle basique toujours en vigueur.
Il y a de la place à l'ögretmenevi comme c'est généralement le cas en été quand les profs sont en vacances : 6,5 YTL la chambre, propre, spacieuse et avec douche. Après avoir aidé le réceptionniste à remplir ma fiche, je lui demande où je peux manger dans le coin. Il me propose de téléphoner pour commander un plat, puis se ravise : rien de mangeable dans tout Idil, il faut que je partage avec lui ce qu'il a apporté !
Je passe donc la soirée en parlottes avec lui et des visiteurs du lieu. Marrant, pas de mare ou de lac à première vue dans le coin, mais il y a de jolis petits crapauds qui squattent jusqu'au salon !

11 août 2005

Citadelle

Entrée 2 YTL (la moitié pour les étudiants).
A peine arrivés, yasak ! Il y a des fouilles menées comme d'hab avec des méthodes plus que douteuses, donc interdit de passer sous les prétextes les plus divers. Une étudiante bénévole (dommage, Tom ne me l'a dit qu'apres), bornée comme ce n'est pas permis, de Silvan (ça doit expliquer), décide de nous maquer. Elle a de la chance qu'Assimil ne prévoit pas d'apprendre les insultes en turc, et que Tom ne juge pas utile de tout traduire : parait que malgré mes lacunes je suis quand même tres explicite.
On peut toujours redescendre demander l'autorisation a son prof (a priori le seul Turc injoignable par téléphone !), ce qui vu la chaleur est exclu, d'autant que je ne préfere pas l'avoir en face si c'est le sagouin responsable de la "restauration" du turbeh de Zeynal Bey !
En fait, ils ont peur que je photographie d'en haut les fouilles d'en bas, ce que j'ai fait hier excédée par les yasak de seconde zone.
Hors de question de ne pas avoir acces au bout du site, je suis venue pour ça : le reste, j'ai sous toutes les coutures, avant détérioration sous couvert de restauration.
On nous accompagne en espérant nous lasser, mais sans aucune chance de succes !
La bécasse de Silvan lache enfin prise, nous vouant aux chiens et aux scorpions, estimant que nous perdons notre temps, tout le site d'apres son jugement digne d'intérêt étant identique : si elle persiste dans ses études, elle devrait obtenir sans probleme une chaire a l'université de Konya !
Cette partie du site est géniale, mais la chaleur accablante. Tom me demande si il peut jouer les cabris et partir devant en reconnaissance pour voir si c'est intéressant et m'épargner la peine de monter dans le cas contraire.
En fait, il se transforme en chiot fou a la chasse au nonos : il part, s'exclame, revient me chercher, repart et gratouille la terre pour dénicher des tessons de poterie qu'il m'apporte... plus qu'a photographier ses trouvailles, a l'ombre et en fumant une clope !
Dommage qu'on manque d'eau. Je préconise de redescendre, mais même la langue pendante, le chiot fou veut encore aller faire un tour plus loin. J'attends en me disant que pour une fois il va peut-être revenir bredouille et calmé, jusqu'au "faut que tu vois ça, il y a un cimetiere !" fatidique. Bien obligée d'y aller, mais la prochaine fois, j'organise une chasse au puits !
La vue est somptueuse, le cimetiere majestueux et le silence envoutant, mais c'est les dernieres photos avant qu'on ne retrouve nos os blanchis mélangés a mes Minolta fondus !
En redescendant, plus personne évidemment pour interdire quoi que ce soit a ceux qui montent : ça, je l'aurais parié !
On s'arrête a la premiere boutique pour boire eau et coca sans s'arrêter : de vraies éponges ! Les gosses qui nous posent des questions en sont pour leurs frais : a part boire et grogner a la moindre tentative d'interruption, nous ne sommes plus capables de grand chose.
On redescend encore d'un cran pour une halte au café en face du motel. Sans signe annonciateur, c'est brusquement l'orage, et au moment ou je suggere de nous mettre a l'abri (et ou Tom me rassure que c'est sur le point de se calmer), une bourrasque plus violente nous asperge : plus qu'a démonter le matériel et a l'éponger !
Heureusement, ça ne dure pas longtemps. Sophie ayant téléphoné qu'elle sera en retard d'un jour, on décide de partir sans l'attendre, ce qui parait la surprendre, mais on n'est pas a sa disposition !
Midyat/Idil, Idil/Rien : plus de dolmus. Un particulier nous propose de nous servir de taxi collectif pour 5 YTL par personne (nous sommes 3) : c'est plus que correct pour aller a Cizre.
A l'arrivée, il veut négocier pour nous au Grand hôtel Honsar et comme prévu n'obtient rien (70 dollars), alors que nous avions réussi a négocier 200 F la double en 2002.
On trouve un autre hôtel, vielliot surtout apres le Honsar, a 35 YTL la double avec petit dej.

10 août 2005

Vous avez dit restauration ???

Sophie arrive vers 10 h et m'informe qu'elle a rendez-vous avec un archéologue ! Je lui suggere de plutôt aller voir le maire qui sera sans aucun doute plus renseigné que l'ouvrier qui joue les extras sur le chantier de fouilles, entre 2 autres petits boulots... bonjour le professionnalisme !
Tom arrive d'Istanbul apres avoir été trimballé a Urfa par un mystérieux détour de son car।
On négocie une chambre double (avec ouverture sur l'extérieur) pour 30 YTL। Le mec prétendait nous faire payer 3 lits, mais une menace d'aller dormir a Batman l'a rendu brusquement plus raisonnable.
A। Vahap Kusen, le maire DYP de Hasankeyf et enfant du pays, ne nous apporte pas beaucoup plus d'infos que je n'en avais déja, a part que le chomage est de 90 % dans le village. Il est tout a fait d'accord pour que toutes les bonnes volontés donne un coup de main pour sauver le site du barrage qui doit le faire disparaitre, et pour convaincre SIEMENS d'empêcher sa filiale d'investir : tous ses voeux accompagneront visiblement les initiatives, pendant qu'il continuera a se convaincre que Hasankeyf ne peut pas disparaitre...
Sophie part a Diyarbakir pour une conférence de presse que doit y donner Erdogan, déplacement parfaitement superflu : suffit de regarder la télé ou de lire les journaux, ce qu'elle fera d'ailleurs pour pondre son "article"।
Avec Tom, on fait un tour au site archéologique du village et je l'informe au passage que j'ai apris hier qu'il y aurait des scorpions mortels। Résultat, il n'arrête pas de voir des peaux de serpents, alors que je n'ai encore jamais vu la queue d'un seul dans la région et que mes seuls scorpions étaient stambouliotes.
Ensuite, direction le mausolée de Zeynal Bey dont la vue lointaine en dolmus m'a donné les pires craintes। Craintes confirmées ! L'université de Konya s'est chargée de la restauration : un massacre ! J'en pleurerais si je n'étais pas aussi furax ! Ces crétins ont creusé la base sur environ un metre pour y mettre une pierre blanche qui n'a rien a voir avec la matiere d'origine et qui est sensée prendre la couleur du turbeh au fil du temps... et faire pousser des céramiques pour remplacer celles saccagées aussi peut-être !
Diner paillotte avec de l'excellent poisson grillé. De petites chauves-souris font un véritable festin avec les insectes attirés par une ampoule proche de nous... si elles pouvaient aussi se charger des araignées au dessus de moi, ça serait parfait, d'autant que ça empêcherait Tom de ricaner dans sa barbichette !

09 août 2005

Hasankeyf

Tom arrive demain et Sophie (nouvelle correspondante du Monde) m'a laissé un message au motel. Elle est passée mais est partie dormir a Midyat avec des amis. Sympa, je n'ai pas fait Harput pour être aujourd'hui au rendez-vous qu'elle avait elle-même fixé !
Il ne reste qu'une chambre au motel (15 YTL), sans ouverture sur l'extérieur : évidemment, il y fait une chaleur insupportable.
Je dépose les sacs et file vers le pont, bientôt rejointe par une nuée de gosses qui veulent des stylos et du savon : aucune amélioration visible de la situation économique dans le coin...
Le Tigre a retrouvé une jolie couleur verte, mais pour combien de temps ?
Les gamins piaillent et surgissent de tous côtés. J'arrive en gros a suivre leur conversation, ce qui me permet de répartir les rôles, histoire de canaliser un peu leur énergie plus que débordante et de pouvoir bosser a peu pres tranquille. La plus grande est responsable du sac photo et a le droit de me guider, et en échange elle veille a la discipline. Ca fonctionne tres bien comme ça : les abla (grande soeur) surexcités se transforment miraculeusement en lütfen abla (s'il te plait grande soeur) respectueux... technique a retenir !
Ca va me faire tout drôle le jour ou les gosses laisseront tomber le abla pour le teyze (tante). A 40 piges, j'ai déja eu droit a un rab exceptionnel !
Au café sur la petite place, on vient me saluer et me demander des nouvelles : sympa ça !
Je prends 2 coca (2 YTL chaque), mais le serveur refuse que je paie la totalité, sous prétexte qu'on doit partager l'addition ! Il me précise a ma demande qu'en ce moment avec la chaleur (en fait, il ne fait pas chaud mais brulant), il n'y a aucun meilleur moment pour la citadelle... Pres de 50 degrés ou pas, il me faut pourtant le bout du site le plus éloigné que je n'ai pas encore. Je crois que je vais prendre le minimum de matériel pour pouvoir caser des bouteilles de survie !
Soirée italo-kurde a danser pres des paillottes. Un jeune ouvrier m'explique qu'il a rendez vous demain avec Sophie, mais que j'en sais plus que lui et que je pourrais lui donner des infos. Les Italiens ne connaissant pas les regles, des copains des Kurdes en profitent : je dois remettre plus que sérieusement en place mon cavalier qui a bien 20 ans de moins que moi... les mains baladeuses, ça n'a rien de traditionnel !

Diyarbakir

Coucher 2 h, lever a 6 h : fait trop chaud pour dormir ! Tout est chaud, meme aux heures fraiches, y compris les murs de la chambre, les serviettes de toilette, et l`eau pour la douche...
Petit dej en terrasse. Tout le monde vient me saluer avec de grands sourires : sont contents.
Autant prevenir tout de suite, la crise de gatisme risque d`etre aigue, d`autant qu`il y en a qui en plus d`afficher un sourire radieux, se mettent a chanter au lieu de dire bonjour !
Tour efficace avec le pseudo guide des monuments sur ma liste du jour :
- turbeh et mescid de Sari Saltuk baba
- eglise Meriem Ana batie sur un ancien temple du soleil (syriaque orthodoxe)
- Keci burcu : en 3 ans, la jolie chimere en a pris plein la tete
- buyuk kervansaray hotel
- remparts pour admirer la restauration à la kurde !
Tour au magasin de tapis ou il travaille ou je peux photographier 2 anciens tapis russes interessants. Ca fait un moment que je cherche a determiner son origine : bien qu`il pretende etre Kurde, ca ne colle pas.
Il me raconte qu`il n`est pas marie, alors qu`hier soir il portait une alliance. Il parle a tout le monde en turc, ce qui est loin d`etre le reflexe du coin. Il n`a ni le physique ni l`attitude d`un Kurde. La seule ville kurde qu`il connaisse c`est Mus (dont sa mere est originaire) et il fait multiplier par 2 les prix (coca, taxi...).
C`est au magasin de tapis que ca fait tilt. Son patron veut que j`aille visiter l`eglise chaldeenne et m`engage a faire tres attention de ne pas me faire voler... a croire que tous les arnaqueurs chaldeens de Diyarbakir veillent a ma securite : a leur profit bien sur !
Cout du pseudo guide, environ 12 YTL, soit moins que ce que j`aurais donne a un guide honnete, et dans la foulee j`ai en prime des cours de turc, un porteur de sac et surtout un gain de temps plus que bienvenu.
Dans le dolmus, je m`informe aupres de ma voisine sur le prix du trajet. Grondements de la presque totalite des passagers quand elle m`annonce 4 YTL pour Hasankeyf. Elle se justifie par un "mais c`est une etrangere !" et se prend immediatement un "pourquoi, tu es kurmandji toi ?" qui la laisse dans un silence prudent pendant tout le trajet (2,5 YTL).
Les Turcs qui trouvent tout a fait normal de faire payer plus cher les Europeens (et pas qu`un peu), se mettraient a coup sur a hurler au racisme si ils etaient taxes en Europe... y a encore du boulot !
Juste avant que je sorte du dolmus, elle se rend compte que j`ai parfaitement compris ses reflexions et se justifie betement en m`expliquant qu`elle ne savait pas que je parlais turc : je ne resiste pas au "je suis etrangere, mais je parle turc : ca fait combien ?"

08 août 2005

Palpitants les transports !

Taxi pour l'otogar toujours sans compteur ni arnaque (3 YTL).
Divrigi/Kengal : 83 km, 1 h 20, 5 YTL. Petit dej a Kengal (12.100 habitants prétend un panneau), apres avoir pris un billet pour Malatya (3 h, 10 YTL).
Aucun des préposés de la compagnie n'est visiblement capable de prévenir que le minibus est arrivé, et il faut se débrouiller avec les bagages et les mettre dans le coffre soi-même tellement ils sont léthargiques (une premiere en Turquie) !
Les billets n'assignant pas de numéro de place, je demande a un type de me laisser passer pour que je puisse accéder a celle qui est libre a côté de lui : tout juste si il ne fait pas un scandale a l'idée de la proximité d'une femelle ! Vu sa tronche, aucun risque que je lui saute dessus pendant le trajet, mais il préfere décamper...
Et laisser la place a une mere de famille et ses 2 gosses. Heureusement, la petite arrive a se caser ailleurs, mais reste la mere, son odeur et son fils... Elle estime vite que la chaleur lui permet d'enlever son manteau (sic) en toute décence, et la ça devient vite insoutenable !
Elle veut savoir si je parle turc : je préfere ne pas répondre et lui lancer un regard tres éloquent sur la distance a respecter, parce que bien évidemment, avec son moutard, elle s'étale pour mieux me coller ! Moutard qui se met bientôt a vomir consciencieusement les sucreries qu'il a ingurgitées avant de monter. Décidément, je les collectionne ! Ca m'était déja arrivé l'année derniere la puanteur sans complexe trempée de sueur (pas de la veille) et le chiard qui passe le trajet a gerber...
A l'arrivée, vu l'air alerte du préposé, je récupere seule les bagages avec 4 voies a traverser : 200 m de détour pour déposer les passagers a l'otogar, visiblement c'est trop demander, alors qu'on a joué les omnibus.
Au premier comptoir, on me jure que le prochain car est a 5 h et qu'il n'y en a pas d'autre avant, mais plus confortable, y a pas !
2 guichets plus loin, il y en a un qui part a 1 h 30 ( 15 YTL). A Diyarbakir, le chauffeur (de Bingol) me demande pourquoi je veux descendre. Pas question de monter dans un taxi qui va me prendre mes sous alors que lui peut m'accompagner a l'hôtel (Malkoç : toujours aussi usé mais sympa et propre, 12,5 YTL).
A l'internet café, un "ami guide" de l'hôtel vient me voir pour m'expliquer que si j'ai besoin de quoi que ce soit, il sera heureux de me rendre service. J'hésite a le classer dans la case mouchard ou pot de colle profiteur... probablement les 2.
Dans la rue et au resto, les clopes et les briquets se tendent, et je ne croise que des sourires accompagnés de petits mots de bienvenue.
Kahvalti (super bon) : fromage du coin, miel, olives, thé, eau (3,5 YTL).
Par le plus grand des hasards (ben voyons !), le "guide" passe par la et s'installe a ma table. Pose beaucoup trop de questions pour être clean celui-la ! J'évite la politique pour l'embarquer sur l'architecture et l'histoire de la région : si il a un rapport a faire, on risque de lui demander d'arrêter de fumer la moquette...
Il prétend évidemment ne pas parler un mot de français, mais laisse échapper un "on y va" qu'il justifie devant un regard ironique par l'obligation de connaitre 2 ou 3 mots pour vendre des tapis. Enfin bref, demain il me sert de guide "gracieux" pour que je puisse faire en un minimum de temps les sites que j'ai prévus de photographier.
A peine rentrée dans ma chambre, vers 1 h 30, et apres avoir répondu au bureau des réclamations (réception) qui ronchonne un ousktété, le téléphone sonne. 20 mn pour convaincre le réceptionniste que je n'ai pas soif, ni faim, que j'ai du boulot, une douche a prendre, et autre chose a faire que descendre tailler une bavette en pleine nuit. Il en conclut donc tres logiquement (logique kurde) qu'il doit venir avec moi a Hasankeyf !

07 août 2005

Divrigi

Départ 8 h 30 pour un petit dej dans une pastane (1 nes, 1 jus de cerises, 2 pogaca au fromage : 3 YTL) ou les infos télé diffusent l'enterrement d'un soldat victime du PKK। Ca pue le mélo et l'hystérie collective soigneusement mis en scene (exit la pudeur et la dignité) et nécessaires pour entretenir le racisme anti kurde ambiant.
Direction Ulu cami : ça grimpe sec et ça commence sérieusement a chauffer।
Je fais principalement du numérique, côté néga j'ai déja une belle collection de détails। C'est dimanche et l'hôpital est fermé et comme ce n'est pas l'heure de la priere, idem pour la mosquée.
Au moment ou je décide de rentrer rendre la clé de l'hôtel, un Stambouliote d'Eyüp engage la conversation... et le gardien me fait signe qu'il vient d'ouvrir l'hôpital et m'explique que je peux photographier। Evidemment, la seule chose que j'ai laissée a l'hôtel, c'est le flash !
Je n'aime toujours pas les touristes et je n'arrive toujours pas a piger comment ils peuvent arriver jusqu'ici en short, sans avoir remarqué que ce n'est absolument pas le style de la région। La ce sont des Italiens : ils font le tour de la petite merveille (inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO) en moins de 10 mn.
Le Stambouliote me propose d'aller nous promener dans le village avec sa voiture (neuve et climatisée) et de me ramener ensuite a l'hôtel. OK si il n'est pas pressé, le gardien vient de me faire signe qu'il va ouvrir la mosquée... sympa ça !
Je regrette franchement d'avoir laissé le flash, au point ou j'en suis côté kilos de matériel a trimballer.
Un groupe de beaufs, français cette fois, débarque, visiblement sans avoir compris qu'une mosquée est un lieu de culte ! Comme je parle turc avec le gardien, ça ne les effleure pas que je puisse les comprendre. Dommage, ça leur aurait peut-être évité de dire autant de conneries en si peu de temps.
Avec les cheveux couverts et les jambes par la même occasion, les Turcs ne me mettent pas dans la catégorie touriste de base. Résultat, je suis invitée a changer de zone et a photographier tout ce que je veux dans la partie réservée aux croyants.
Le Stambouliote que j'avais envoyé bouler parce qu'il voulait aller se promener tout de suite a finalement attendu. On va donc faire un tour, mais il tient a sa voiture et ça me gonfle prodigieusement de devoir le faire arrêter tous les 10 m... lui aussi visiblement vu qu'il veut qu'on aille manger.
Je sais que ça doit être particulierement rasoir de me suivre sans avoir les mêmes centres d'intérêt, mais je n'oblige personne ! En fait, il n'y a qu'avec les Kurdes qu'un tour photo c'est mieux accompagnée que seule. Ils cherchent tout ce qui pourrait m'intéresser, portent le matériel (comme ça sont sûrs que je ne risque pas de me tirer en douce), m'aident a monter et surtout a descendre, et sont contents pourvu que je sois contente : des Zamours... en ce qui concerne les photos !
Une fois largué le pot de colle (mais oui, je téléphone des que j'arrive a Istanbul), je renonce a appeler mes potes alévis d'hier. Je sais, ce n'est pas sympa, mais je suis déja a la bourre !
Direction la citadelle. Je prends le raccourci indiqué par un jeune ce matin. En chemin, des femmes me confirment qu'il y a bien un chemin... de moins en moins praticable, et le soleil ne fait pas semblant de cogner. J'espere que ça mene quelque part, parce que je me vois mal redescendre.
Ben non, a part à des chevres, je ne vois pas a qui peut servir le "chemin", et brusquement impossible de monter : encore moins de redescendre, surtout avec le vertige et 10 kg de matériel... et pas un chat a l'horizon !
Remettant a plus tard la réponse a "mais qu'est ce que je fous la ?", je mets une bonne heure a redescendre... sur les fesses, avec le poids du sac qui m'entraine et le télé qui empêche toute prise ! Heureusement que j'avais prévu de l'eau et le khéfié !
Tout ça pour apprendre qu'il n'existe aucun acces a la citadelle : on peut aller au pied des remparts, mais impossible d'atteindre le bâtiment qui m'a fait grimper pour rien. C'est malin d'avoir galéré et pris des risques pour des photos infaisables sans équipement d'alpiniste !
Je devais partir ce soir, mais j'ai trop besoin d'une douche...

06 août 2005

Gorges de l'Euphrate

Pas méchant le réceptionniste, mais pas tres malin : il me cherche depuis hier apres-midi l'horaire du train pour Divrigi. Compliqué, il y a une ligne ! Apres le petit dej (buffet sympa), je lui suggere d'appeler la gare...
Le train, il faut y penser, ici et a Sivas tout le monde prétend que d'Erzincan il faut obligatoirement retourner a Sivas pour prendre un car, soit 4 h et 15 YTL de plus pour perdre une journée.
Le train est a 2 h, mais entre glander en ville ou a la gare (7 YTL le taxi) autant changer un peu, d'autant qu'il y a un jardin et une ombre plus que bienvenue.
Côté sécurité, il y a pas mal d'uniformes : caserne proche et tentative PKK (avortée) de faire sauter un train... c'est d'ailleurs grace a ces abrutis que je me suis souvenu qu'il y avait un train dans les parages !
Toast mixte "saucisson" fromage : je ne vois pas pourquoi on ne pouvait pas me vendre du pain et du beyaz comme aux ouvriers du chantier d'a côté : ce n'est peut être pas assez sophistiqué pour une touriste, mais ça m'aurait évité le ketchup avec le fromage !
Train 4,250YTL, un peu moins de 4 heures. C'est une vieille micheline a compartiments ou les fenêtres rechignent a s'ouvrir : bonjour la chaleur ! Quand on a réussi a les amadouer, il y a plein d'avantages par rapport a un car : on peut bouger, fumer, faire des courants d'air et prendre des photos. Sans compter que c'est réellement bon marché.
Je ne regrette vraiment pas la balade, les paysages sont la plupart du temps déserts et splendides. Dommage que l'Euphrate soit boueux d'un bout a l'autre et passablement asséché.
A l'arrivée, taxi (3 YTL sans compteur et sans arnaque) pour l'hôtel Belediye. Pas tout jeune mais la chambre est grande, propre, et il y a de l'eau chaude. Belle vue sur ce qui reste de la citadelle ou un bâtiment haut perché semble en assez bon état. Le réceptionniste m'annonce 20 YTL la chambre et m'en demande 12 !
J'attrape le sac photo et me dirige vers la musique kurde (c'est la saison des mariages et des circoncisions, c'est la fête tous les jours ou presque). Pas le temps de faire 10 m, je me retrouve assise 1 verre de biere a la main et sur le point d'être kidnapée pour un köy du coin. Ca négocie ferme, mais j'arrive a garder ma liberté jusqu'a demain (famille de Kurdes alévis qui vomit le PKK d'entrée de jeu et sans savoir ce que j'en pense).

Nouveau blog - Nouveau forum

Le blog a changé d'adresse. Pour lire la suite et consulter les posts avec les photos, cliquez ici.

Pour le nouveau forum, c'est ici.