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18 mai 2007

Erbil le retour

En fait, l’hôtel c’était bien 70 $ et pas 40 $. La pseudo négociation de Pir Xidir c’était que puisque nous avions refusé que le centre Lalish nous invite, il fallait nous faire croire que l’hôtel acceptait de baisser à 40 $... c’est au moment de régler que nous nous sommes rendu-compte qu’il avait donné pour instruction de nous faire payer 40 $ et de lui envoyer le reste de la facture… incorrigibles !
A un contrôle sur la route d’Erbil, Sandrine tend son passeport avec la lettre du GRK signée par Saywan. Le chauffeur qui doit être connu puisque tous les contrôles jusque là se sont contentés de lui adresser un salut respectueux, est brusquement très fier et tient à s’arrêter à tous les contrôles pour leur brandir sous le nez le fameux papier : il ne transporte pas n’importe qui et il tient à ce que ça se sache !
Soirée chez Ozlem : 6 filles dont une jeune députée (toutes élégantes à part nous évidemment), trois mecs, et un repas prévu pour un régiment ! C’est bon mais impossible d’en manger ne serait-ce qu’un quart, et encore, on refuse ce qui devait être préparé au dernier moment.

Les Kurdes (et Kurdistanis si j’en juge par Monseigneur Raban) sont des dingues de photos : les flashs des numériques crépitent sans répit !

Khasro, à qui j’ai laissé un SMS il y a 5 heures pour le prévenir que nous étions à Erbil, me rappelle. Je l’informe que je passe la soirée chez des amis. Réponse : «C’est bien (…) tu peux venir maintenant ?». NON ! JE SUIS CHEZ DES AMIS !!! En gros, faudrait les attendre des heures et même des jours entiers et tout laisser séance tenante dès qu’ils sont libres. Enfin, ce n’est pas grave constate-il puisque maintenant que tu es à Erbil, on aura du temps pour se voir.

L’expérience aidant, je préfère l’informer que nous ne serons pas ici en permanence, histoire qu’il arrive à s’organiser, d’autres dans le passé ayant subi avec étonnement des expériences douloureuses pour avoir compris un peu trop tard…

Comme nous ne nous sommes pas installées chez Ahmet (je sais, nous avions promis) et qu’il y a plusieurs personnes qui le connaissent, inutile d’espérer qu’il ne sera pas au courant. Je demande à Sandrine de lui envoyer un SMS pour le prévenir de notre présence et que nous passons la soirée chez des amis, mais que nous irons le voir demain. Il rappelle dans la seconde. «C’est bien (…) vous pouvez venir maintenant ?»… va falloir automatiser les réponses !

17 mai 2007

Dohuk

L’hôtel Hallal est confortable et ils ont bidouillé les prises normes GB pour pouvoir brancher les appareils aux normes françaises (entre autres). Dans tout le Kurdistan, les maisons et les hôtels sont visiblement équipés de prises GB et il y a généralement un adaptateur pour la télé et un pour le frigo : point. Pour le reste, les appareils étant aux normes françaises, ils forcent sur les prises ce qui les rend inutilisables ailleurs.
Comme je n’ai pas l’intention de flinguer mon matériel, il faut jongler dans le meilleur des cas avec la prise télé et l’adaptateur que j’ai emporté : trois accus pour les appareils photo qu’il faut recharger pendant quatre heures tous les jours, la batterie de l’Epson qui stocke les photos, mon téléphone portable et l’ordi portable de Sandrine qui nous évite de passer trop de temps sur Internet. Ca demande un minimum d’organisation, surtout dans les petits hôtels où il n’y a qu’une seule prise.
Appel de Khasro qui n’avait pas répondu à mon SMS il y a 10 jours mais se réveille maintenant que nous ne sommes plus à Erbil. Il y aurait urgence à discuter économie, mais j’ai l’autorisation de continuer ce que j’ai commencé avant de revenir… j’essaie de garder mon sérieux et je promets de rappeler à Erbil.
On a l’habitude avec les Kurdes : tout est toujours urgent et ils sont persuadés que si nous sommes dans les parages, ils ont tout le temps de terminer leurs petites affaires et de nous voir après, persuadés que nous allons tranquillement les attendre. Ils comprennent généralement après un temps plus ou moins long, ça dépend des cas : entre une semaine et quelques années !
Nous voulions retourner à Lalish qui mérite largement plus d’une heure de visite et faire quelques villages yézidis dans la foulée, mais le temps n’est toujours pas au rendez-vous. L’orage menace et le vent souffle.
On achète neuf cartes postales du Kurdistan (12.000 dinars : les seules que nous ayons vues jusqu’ici), puis demandons à l’hôtel des enveloppes blanches pas marquées «Kurdistan». Le courrier transitant par la Turquie, une telle mention heurterait à coup sûr la fameuse susceptibilité turque (qui se fout royalement de celle des autres) qui n’hésiterait pas à faire atterrir notre prose à la poubelle.

On récupère les fringues qu’on avait données à laver (32।150 dinars), avant de prendre un taxi pour la poste : ¾ d’heure de recherche pour arriver devant une porte fermée.
Pas grand-chose à faire aujourd’hui à cause du temps, donc on déjeune dans une pizzeria (pizza, eau, thé : 5.000 dinars pour deux), avant de se faire le bazar sans grande conviction : je suis tellement frustrée côté photos que je finis par photographier des œufs, sous l’œil ahuri des commerçants.

Nous avons rendez-vous ce soir au Jiyan avec Rushan pour diner avec les intervenants d’une conférence organisée par l’Institut kurde. Parait que le grand hôtel est crade, se déglingue, que la bouffe est naze et que le resto ne sert pas d’alcool : ça promet, mais c’est dans la suite logique de la journée !

J’ai avancé dans mes recherches sur le prix des clopes. Je ne veux pas faire de la pub à Philip Morris, mais les Marlboro longues c’est 6.000 dinars le paquet quand elles sont importées de Turquie et 2.000 dinars si elles proviennent d’un duty free. Les courtes importées de Turquie c’est 5.000 dinars et on en trouve à 1.000 dinars, mais là je déconseille : l’emballage est identique avec des mentions en anglais et arabe (ou sorani ?), mais le tabac ne ressemble pas a l'original et même en manque c’est dégueu !

On retrouve Rushan au Jiyan : les nanas de la diaspora m’épatent. Toujours coiffées, maquillées, sapées comme pour aller au dernier cocktail branché et évidemment en talons (très pratiques pour la montagne), le tout quelques soient les circonstances, leur emploi du temps ou leurs activités. A côté, on a l’air de soixante huitardes égarées ayant enfin retrouvé le chemin pour rentrer de Katmandou !

Sandrine m’avait dit que Rushan voulait des femmes pour une expo en septembre. Déjà, ce n’était pas gagné : je veux bien prendre des femmes, mais elles sont mystérieusement beaucoup moins nombreuses que les hommes et les gosses. Bon, en fait, le thème initial étant les femmes dans le cinéma, elle a élargit aux femmes dans les médias. Là, je ne vois vraiment pas ce que je peux faire pour elle avec ce qu’on a programmé et le peu de temps dont on dispose, déjà que nous avons remis à plus tard la région de Suleymaniye et les soufis. Au mieux, je peux lui faire une expo de femmes en écumant mes albums Turquie et en y incluant quelques gamines.

Bonnes surprises pour le diner, Anna est là, même si elle se fera coincer en milieu de table, on aura au moins le temps de discuter un peu et d’échanger nos coordonnées.

Monseigneur Raban est aussi présent et il a l’air super sympa. Je cafte immédiatement que le PDK m’a empêchée de le voir en 2005 à Amadiya. Il confirme : «Ils ont menti, j’étais là». Kendal préfère l’entraîner préférant visiblement lui éviter de nouvelles révélations...

A table, le repas n’est pas si insipide que ce qu’on nous avait prédit, mais l’ambiance n’est pas top. Normal, rien qu’à voir l’alignement des bouteilles d’eau ! Parait que le resto ne sert pas d’alcool, mais quand il y a un défit à relever… Sandrine appelle le serveur qui nous débouche une bouteille de vin, puis une autre pour les suivants, puis une autre. En quelques secondes, l’eau se change en vin : les noces de Cana version Kurdistan 2007 !

13 mai 2007

Paperasse, Yézidis, Chrétiens et whisky

Avec l’orage tempête d’hier, il n’y a pas d’électricité ce matin. Quand elle arrive, la chaudière s’étant probablement arrêtée, il n’y a pas non plus d’eau chaude, puis plus d’eau, sauf à un robinet séparé, mais elle est glacée. On a connu pire en Turquie, donc on fait stoïquement avec avant d’aller prendre un petit déj. Au Safeen Restraunt (restaurant touristique) : soupe, grands thés, Kiri, miel, yaourt frais, olives, tomates, pain, bas-beurre, eau. Copieux et excellent pour 10.000 dinars.
De temps en temps, il y a des coupures d’électricité, mais ça ne dure généralement que quelques secondes. Rien à voir avec la Turquie, y compris Istanbul, où il est courant de n’avoir ni eau ni électricité pendant deux ou trois jours : dur l’hiver quand en plus le chauffage en dépend. Ici, personne n’a l’air d’y prêter attention, les micro-coupures n’étant vraiment dérangeantes que quand vous venez de terminer un post et que l’ordi boot avant qu’il ne soit sauvegardé !
Visite à l’antenne locale du Ministère de l’Intérieur pour mettre nos passeports en règle. Il faut remplir de la paperasse (avec timbre fiscal et photo) pour tout séjour supérieur à dix jours. Sandrine n’ayant pas de photo, ils en font sur place ce qui nous évite la chasse au photomaton. Avec les deux timbres fiscaux et ses quatre photos d’identité, ça fait 7.000 dinars pour les deux passeports… et 2 h 30 d’attente, l’obtention du tampon final nécessitant 5 minutes kurdes nous prenant plus d’une heure. Les jeunes gardes sont ravis, ça leur permet de nous installer des chaises à l’ombre et de tromper l’ennui en bavardant. Le Kurdistan étant plus efficace que le meilleur des chirurgiens esthétiques parisiens, ils ne nous donnent pas plus de 20 ans, mais contrairement à leurs compatriotes de Turquie, ils ont l’air de trouver ça naturel.
On retourne au motel chercher nos sacs pour les déposer au centre yézidi et pour aller saluer le Pir qui a appelé plusieurs fois aujourd’hui et se désole qu’on ne lui ait pas demandé pour les formalités. Evidemment, comme en plus d’être Pir il est également député, ça aurait pu aider.
Taxi pour Zakho (45 mn, 35.000 dinars) qui nous dépose à l’hôtel Cham (30.000 dinars). Comme Sandrine ne sait pas dire évêque en kurde (visiblement le mot n’existe pas de toute façon), elle demande à la réception s’ils savent où trouver Mar Patros Harboli. Ils finissent par comprendre que nous cherchons «grande barbe» : en fait, les évêques de notre connaissance n’ont pas de barbe, sauf les orthodoxes, mais comme ça tout le monde comprend qui nous cherchons.
Le réceptionniste indique le chemin au chauffeur de taxi, mais comme il n’a pas l’air de tout comprendre, on l’arrête à la première soutane.

Nous sommes bien près de l’évêché construit il y a un an et demi (cadeau du Gouvernement), mais son évêque (ordonné en 2002 devant 7।660 personnes) est pour l’instant à l’église. On nous conduit là-bas et il nous reçoit avec un «Qui êtes-vous ?», avant de nous faire la bise quand il apprend que nous sommes des amies de son cousin. On va ensemble voir un village chrétien proche dont il surveille les travaux de restauration de l’église, puis on revient ensemble à l’évêché, mais il ne comprend pas que nous n’y avons pas laissé nos affaires plutôt que d’aller nous installer à l’hôtel.

Il nous conduit à son bureau et nous attaquons les présentations et nouvelles d’usage। Il y aurait mille familles chaldéennes dans la région de Zakho et le Gouvernement s’occupant activement des minorités, il n’hésite pas à créer des comités mixtes chargés de faire avancer les choses. Mar Patros a lui-même participé à un groupe chargé d’améliorer les conditions de vie de la population, en collaboration avec un mollah et un juge.

Puis il nous demande si nous avons faim et si nous voulons boire quelque chose. Comme c’est l’heure effectivement de manger, c’est oui aux deux questions, mais je ne m’attendais pas à la bouteille de Chivas : pas la mignonette, celle d’un litre… qu’il a visiblement l’intention de caser dans nos trois verres.

Je prévois le coup et j’ajoute un maximum d’eau au mien, le remplissant à chaque gorgée histoire qu’il soit toujours plein, et je mange pour limiter les effets du whisky. Je me méfie des alcools forts et j’évite d’ailleurs de boire en voyage. Sandrine non et Monseigneur en rajoute en ouvrant une deuxième bouteille… là, ça déraille un peu. Je le trouve un peu trop tendre pour le peu de temps qu’on se connaît, et Sandrine dans un grand élan de compassion et de fraternité lui explique que je suis totalement athée, ce qui ne lui viendrait jamais à l’esprit dans un état normal.

Soirée placée donc sous le signe de la paix, de l’amour (des Kurdes), et du whisky. Monseigneur se lamente que nous ne voulons pas dormir ici et Sandrine le console que nous le ferons demain. Elle m’explique qu’elle est d’accord pour partir, mais qu’elle ne sait plus comment faire pour marcher droit : pas grave, on n’en est pas à notre coup d’essai, suffit qu’elle me donne la main et qu’elle me suive : je m’occupe du reste.

A l’hôtel, je demande si quelqu’un sait où trouver des clopes à cette heure, mais tout est fermé. Heureusement, entre fumeurs, il y a solidarité : un Kurde de Turquie avec qui je discute un moment me donne un paquet des siennes et refuse fermement que je le lui paie.

Je récupère Sandrine qui m’attend sagement assise sur un canapé et l’emmène se coucher. Elle s’endort immédiatement, j’espère juste qu’elle n’aura pas trop bobo crâne demain…

12 mai 2007

Bordel !

Après une séance Internet au Jiyan (6.000 dinars l’heure), le grand hôtel du coin où c’est plus rapide que dans les cafés Internet, nous retournons au motel pour leur demander s’ils connaissent un resto où on peut manger et boire en même temps : ici en règle générale, on mange d’abord, et on boit après.
Le réceptionniste rougit avant de se faire confirmer que nous voulons boire en mangeant. Comme nous ne voyons pas vraiment ce qui l’intimide et qu’au niveau des convenances, il n’y a pas de différence flagrante entre boire en mangeant et boire après avoir mangé, nous confirmons. Il nous donne donc une adresse et nous fait un petit plan pour ne pas la louper.
On cherche un peu, avant que le gardien du parking du resto nous conduise au patron. Celui-ci confirme qu’il n’y a pas de problème, mais a l’air légèrement embarrassé, et tout en nous accompagnant nous demande combien d’heures on veut. Zarbi, mais bon.
En fait, on pige immédiatement quand il nous accompagne à notre «table». La table (crade) est dans une sorte de petite baraque de chantier munie d’une fenêtre aux vitres opaques, et il referme la porte avant de se précipiter pour tenter de donner un air un peu moins sordide à la petite pièce. Jamais vu personne aussi rapide à servir : il a hâte qu’on finisse et fait tout pour que nous ne nous rendions pas compte qu’en fait de resto, son établissement est un bordel !

Pas de chance pour lui, mais vu l’orage, il n’a aucune chance de nous voir partir en courant, d’autant que j’ai bien l’intention d’en profiter pour faire des photos de mon premier bastringue kurde… premier tout court d’ailleurs.

Côté bouffe, comme les clients ne viennent évidemment pas pour ça, c’est médiocre. Brochettes de poulet, assiette de pistaches, salade pois chiches tomates et une bouteille de Syrah 2003, 48.500 dinars dont 30.000 pour le vin.

Pas vraiment memorable pour la gastronomie, mais situation amusante !

Duhok

Le temps ne s’arrange pas : ce matin, on a même droit à de l’orage ! Quand je pense que Sandrine râle depuis des années contre le Dersim sous prétexte qu’il y a plu un peu en avril 2001… Bon, je signale que je soutiens toute réclamation de Dersimi visant à obtenir un mea culpa public !

On a encore zappe le petit dej, donc resto vers 11 h 30. On commande un plat chacune, plat qui pourrait amplement nourrir deux personnes, d'autant qu'on nous apporte aussi (visiblement c'est compris dans le prix) huit entrées et une soupe : on ne risque pas de mourir de faim dans le coin ! Avec de l'eau et du thé, l'addition est vraiment plus que raisonnable (19.000 dinars, environ 11,50 euros).

On profite d'un rayon de soleil pour voir le barrage et les vestiges neolitiques (à priori). Ca grimpe (bonjour le vertige) et le vent souffle. Il nous apporte d'ailleurs de nouveaux nuages à peine la visite terminee.

Encore un chauffeur de taxi qui une fois qu'il nous a deposees à Dream City nous dit que nous devons lui donner ce qu'on veut. Bon, ca va mieux, on connait en gros les tarifs. Ici c'est entre 2.000 et 3.000 dinars, soit environ entre 1,2 et 1,8 euros.

Le parc n'ouvre qu'à 16 h. En attendant, on discute avec un petit jeune qui vient de Suède et qui nous explique qu'ici, les gens ne viennent pas dans les super marches pour faire des courses, mais pour admirer !

On laisse passer l'orage qui continue mais qui veut bien laisser la place a un rayon de soleil le temps que je fasse quelques photos.

Il y a des piscines super sympas, des aires de jeux pour les enfants où vont aussi sagement se balader les amoureux, mais pour le reste c'est trop tôt. Les attractions ne fonctionnent que le soir aux heures fraiches... pour aujourd'hui, ca aurait pu demarrer plus tot : toutes les heures sont fraiches... et humides !

11 mai 2007

Duhok - Lalesh

Ciel toujours gris et même quelques gouttes de pluie. A 11 h, taxi pour Duhok (70.000 dinars, 2 h 30). Le litre d’essence est à 850 dinars. Le chauffeur, franchement speed, nous laisse au motel Duhok. C’est clean, un peu cher (75.000 dinars), mais on a de l’espace : 5 lits répartis dans 2 chambres, salon, et cuisine qu’il ne nous viendra jamais à l’idée d’utiliser.
On prend un taxi dans l’espoir de trouver Monseigneur Raban. La première église où nous conduit le chauffeur est fermée. Savent pas où est Monseigneur, donc ne peuvent pas lui transmettre de message, les photos même d’extérieur sont interdites et on n’a même pas le droit de faire le tour de l’église. Réflexion faite, si, on peut faire le tour, et si, on peut photographier.
L’église est récente, mais avec un petit coin de ciel bleu qui se dévoile très temporairement, ça fera l’affaire. On va chercher Monseigneur Raban à son école, au cas où, mais le portable sonne : à priori, nos destins ne sont pas fait pour se rencontrer. Il était à Amadiya en 2005, mais les Kurdes ne l’entendaient pas de cette oreille ! Au téléphone, c’est Khadir à qui Sandrine avait envoyé un SMS. Il est d’accord pour nous rencontrer, mais il n’a qu’une heure de libre aujourd’hui : il nous rappelle dans une heure.
En fait, un quart d’heure plus tard, il est devant notre hôtel (pas nous), et nous propose de nous conduire à Lalish.
En route donc pour le village Yezidi pour lequel il faudra passer un nombre conséquent de contrôles, les Yezidis étant particulièrement visés par les intégristes.
Lalish est un mignon petit village de montagne où on marche pieds nus aux abords et dans le temple sacré.
Il y a plusieurs turbehs de sheikhs, une source sacrée, des amphores avec de l’huile sacrée, enfin bref, c’est un temple sacré, haut lieu de religion Yezidie… dommage que le soleil ne soit pas au rendez-vous.
Khadir nous raccompagne à Duhok et nous laisse au centre culturel et social où après le traditionnel thé, Pir Khidir nous fait visiter et nous donne toutes les indications que nous souhaitons.
Il y a des objets anciens dans une pièce et il nous explique que les Yezidis aiment et respecte le serpent qui représente la sagesse et l’intelligence et a sauvé l’arche de Noé en bouchant de son corps un trou dans la coque. Il est gentil (le Pir, pas le serpent), cultivé et spécialiste en kurdologie. Evidemment, le courant passe encore mieux s'il etait besoin quand Sandrine lui apprend qu’elle a traduit Mem et Zîn en français. Il nous invite donc à voir le barrage (de nuit et par temps couvert on reviendra pour les photos) et à dîner dans un resto qui vient d’ouvrir. Décidément, les Yezidis sont très sympas et nettement plus réactifs que les Chrétiens !

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