17 septembre 2004

Mardin

La kirklar kilisesi est également syriaque, mais orthodoxe : beaux bâtiments dans le style de la ville.
La Zinciriye Sultan Isa medresesi serait de l'époque artoukide (1.385) : belle porte notamment, mais impossible a photographier correctement a cause de sa hauteur. L'école, perchée sur les hauteurs de la ville donne sur la plaine.
Un tour comme d'hab a l'ulu cami (1199), surtout pour son minaret : l'intérieur est trop sombre sans flash pour les photos.
Derniere visite pour la vieille ville : l'actuel immeuble des PTT, ancienne demeure d'un patriarche syriaque qui date de 1890 (la demeure, pas le patriarche). Décidément, Mardin cache une foule de trésors ! Il faudra que je l'explore plus une prochaine fois et que je jette un coup d'oeil a la mosquée Sehidiye (Chehidiye) dont le minaret se dresse, dominant la plaine. Contrairement a 2002, les champs sont cultivés et s'étendent a perte de vue.
Quand les gosses qui me demandent d'ou je viens ne comprennent pas la réponse (la France n'est pas leur principale préoccupation), je leur précise que je viens du pays de Zidane. La, ça fait toujours tilt !
Devant le monastere - prix A/R négocié avec le patron du chauffeur de taxi sur les conseils d'un policier touristique : 15 millions (on s'est fait arnaquées en 2002 !) - il y a maintenant une petite boutique souvenirs-buvette. La visite est beaucoup plus rapide que la derniere fois et a part l'info qu'il y a une 50e de personnes qui y vivent, rien de neuf.
Nat est partie a 17 h 30 et avec une moyenne de 4 h de sommeil par jour sur la semaine, pas envie de trainer. 3 h 30 d'internet-café (payées 3 h) ou je dois lutter pour garder les yeux ouverts... mes posts doivent être bourrés de fautes !
Passage au bakkal pour me ravitailler en eau et en clopes (le mec me donne des bonbons !) et dîner léger sur la terrasse du Bilen. Brochette de poulet, salade, cola, nes : 10 millions. C'est presque 2 fois plus cher qu'ailleurs, mais je suis completement HS !

Eglises de Mardin

Les habitants de la vieille ville sont réellement serviables. A chaque fois ou presque qu'on croise quelqu'un, la personne vient nous demander ou on va, nous indique le chemin et nous fait escorter par des gosses pour que nous arrivions a bon port. Toute la journée c'est le relais !
Meryem Ana daterait de l'an 150 et une jeune femme, gardienne de la clé énorme nous ouvre pour visiter. Elle nous apprend qu'il reste 5 familles de Syriaques catholiques a Mardin et qu'ils ne rencontrent pas de probleme dans l'exercice de leur culte.
Quelques jolies décorations extérieures (a l'intérieur un poele de chauffage et son immense tuyau gâchent un peu la vue) m'obligent a me brûler les mains pour les photographier : c'est fou ce qu'une simple brouette en feraille peut être pénible a déplacer apres quelques heures en plein soleil !

16 septembre 2004

Hah

Vrai coup de coeur pour l'église de Hah ("repos") que j'avais cherché a localiser sans succes। C'est Yusuf a Urfa qui m'a indiqué que le village avait changé de nom. Le nouveau n'est pas plus indiqué sur les 3 cartes que jai consultées, mais ici ça ne pose pas de probleme pour trouver.
Le village au milieu de nulle part ressemble a un village endormi de contes de fées। Le chateau d'une hypothétique princesse est malheureusement en ruines et beaucoup d'habitants ont déserté, chassés par la guerre. Maintenant qu'elle s'est tue, d'autres grenades explosent, celles-ci porteuses de vie. La nature reprend ses droits et redevient telle qu'elle devait être il y a 2.000 ans quand a été bâti le joyau de ces montagnes : une petite chapelle blanche, simple, belle et émouvante.
Le site est tellement enchanteur qu'une légende prétend que ce sont les Rois-mages qui l'ont construite sur le chemin de Jérusalem।
Il y a moins de 50 ans, un clocher a été élevé a côté et actuellement des embellissements sont en cours de réalisation। Ce serait vraiment sympa de passer quelques jours ici, loin de tout et loin du temps... A prévoir pour un prochain voyage.
Retour sur terre. Midyat/Mardin : 64 km, 4 millions.
Pas la peine d'hésiter pour l'hôtel, a part le Bilen ça craint ! Prestations en baisse et prix en hausse, mais bon, pas envie de dormir dans une chambre surchauffée, sans eau et avec les cafards। 45 millions la chambre, puis 35 parce qu'on en prend 2 et comme je reste une nuit supplémentaire apres le départ de Nat, le directeur accepte de baisser le prix : 30 millions, petit dej sur la terrasse compris.
Ca fait plus d'une semaine que je n'ai pas mis les pieds dans un internet-café : 2 h 20 pour récupérer et virer en grande partie les plus de 600 mails en attente dans mes boites perso (presque autant sur l'OFK) et commencer a rattraper le retard du blog. 2 millions pour le temps passé, ce n'est pas ruineux.

Midyat, Mar Gabriel

Bus pour le vieux Midyat : 700.000 TL.
L'entrée de la maison de la culture qui date du début du 19e est a 500.000 TL (thé offert). La restauration étant terminée, il est possible d'y louer une chambre pour 50 millions.
L'église protestante proche est fermée, mais une jeune fille nous fait visiter Mar Sabel (syriaque orthodoxe) dont elle garde la clé.
Retour dans la nouvelle ville ou nous devons retrouver papy Ahmet pour aller a Mar Gabriel.
Le travail des enfants est théoriquement interdit en Turquie, mais ici ils travaillent carrément pour la municipalité. Dans les mini-bus bondés, leur petite taille leur permet de se faufiler aupres des voyageurs pour encaisser le prix du trajet.
Le monastere, a une 20 de kilometres de Midyat, conserve des structures byzantines, mais l'extérieur a été totalement rénové. Tres jolie architecture, genre palais syrien, qui garde la même unité au fils des restaurations et des aménagements.
Dans l'une des chapelles, des peintures de moins de 10 ans sont détériorées : témoignage de la "guerre" attestant que les lieux n'ont pas toujours été aussi paisibles dans un proche passé.
Le monastere qui date de la fin du 4e siecle sert de résidence a l'archeveque du Tür Abdin.
Comme a Mardin, notre guide refuse tout pourboire, contrairement aux allégations du Routard - qui n'est plus a une ânerie pres - qui prétend qu'il est fortement conseillé d'en laisser un !

15 septembre 2004

Hasankeyf

Le barrage bouleverse l'environnement pour irriguer les champs de coton et comme c'est souvent le cas des villes proches qui les subissent, Hasankeyf est tres souvent victime de coupures d'eau. J'aurais mieux fait de prendre ma douche avec le filet d'eau qui s'est remis a couler entre 1 h et 2 h du mat, parce qu'a 6 h, ce n'est même plus la peine d'y penser. Heureusement, les lingettes en tous genres, ça aide bien.
Petit dej turc traditionnel (bon) : tomates, concombres, olives noires, fromage, pain, beurre, miel : 4,250 millions.
Le passage pour acceder au premier turbeh est gardé par un chien qui n'a pas envie de nous laisser passer et nous le fait savoir. Comme j'ai déja, quelques photos d'extérieur feront l'affaire.
Le turbeh de Zeynal bey, lui aussi est gardé : par les ouvriers du chantier d'a côté qui prétendent que les photos sont yasak. La, ils commencent a me gonfler ! Comme il parait que l'instruction viendrait du maire (?), je les envoie me le chercher, mais évidemment personne n'est candidat et tout le monde préfere reprendre son travail.
Si quelques Européens n'avaient pas passé outre l'état d'urgence et les interdictions, l'OFK en tête, pour faire passer l'info, aujourd'hui il n'y aurait plus la moindre photo du site a interdire !
Certains gosses ne vont pas a l'école, les parents n'ayant pas les moyens d'acheter la tenue réglementaire. Le gouvernement avait pourtant prévu un projet de loi peu de temps apres les élections pour rendre l'uniforme non obligatoire au moins en primaire et pour la gratuité des livres scolaires. J'ai loupé un épisode la ?
Le chantier de fouilles pres de la mosquée Sulayman a beaucoup changé depuis 2001. Pas mal de trucs ont disparu, une rue de bitume sépare le site, et la "restauration" de certaines parties comme la mosquée ayyoubide est a pleurer.
Toutes les 5 mn quelqu'un me salue ou m'interpelle et je croule sous les conseils de vues a prendre. Du coup, mon turc commence a s'améliorer (merci les Kurdes), ce qui enchante le keuf de service a la citadelle qui est venu prendre un thé en bas pour changer du thé qu'il prend a longeur de journée en haut. Il faut absolument que je vienne le voir pour qu'il m'explique tout bien.
Avec la chaleur qu'il fait, ça va être difficile de ne pas rotir sur place ! Maintenant, l'entrée est payante : 2 millions. Nat demande la réduction profs, ce qui nous fait moitié prix sans vérification...

En vrac

- Ici, pas de portrait d'Atatürk comme ailleurs ou même les commerçants qui n'en pensent pas moins n'osent pas s'en dispenser.
- La situation économique est préoccupante. L'agriculture a bien repris, mais pour des cultures ingrates et tres peu rémunératrices pour ceux qui travaillent la terre : champs de coton a perte de vue !
- Pour les petits commerçants, l'avenir est sombre : les grandes surfaces les poussent les uns apres les autres a rejoindre les 70 % de chômeurs (non indemnisés évidemment).
- A part a Urfa, fief du clan Ocalan qui a donc toujours été plus épargnée que les autres villes, tous ici constatent que si il y a des avancées au niveau législatif, pas grand chose n'a vraiment changé sur le terrain (a part la levée de l'état d'urgence qui a un peu relaché la pression).
- Les jeunes qui ont suivi une scolarité normale refuse de suivre les traces politiques de leurs ainés.
- Seule une partie pauvre de quasi analphabets et donc sous-informée gobe que les keufs se font sauter tout seuls pour pouvoir accuser le PKK, ce dernier oeuvrant bien évidemment pour libérer les masses populaires ect... sans aucune exaction cela va sans dire et en utilisant les moyens les plus démocratiques qu'il soit. Les attentats sur Istanbul c'est a part, c'était juste pour l'argent ?!?
- Il y a beaucoup moins de militaires (aucun contrôle pour l'instant) mais les keufs sévissent : racket des commerçants en ville du côté de Diyarbakir et pressions, menaces et flicage pour les villageois.
- Les immeubles neufs poussent comme des champignons un peu partout. La plupart des Kurdes vivent dans des conditions lamentables et n'ont pas les moyens de les habiter. Les Turcs ne sont pas franchement candidats pour déménager dans la région. Question : qui les habitent ? A part "des riches", personne n'a pu jusqu'ici me donner de réponse précise, mais ça sent le déja vu...

Hasankeyf, citadelle

J'ai pas mal le vertige, mais comme Nat, jamais vu ! Même en l'aidant et en progressant a la vitesse escargot, ça nous prend un temps fou pour dépasser les çay bahçesi. Je la laisse a l'ombre pour profiter du site.
Ils ont disséminé les horribles panneaux jaunes explicatifs (en turc) un peu partout y compris sur la façade de certains bâtiments. Mot d'ordre : que ce soit surtout bien voyant !
Les visiteurs (majoritairement Turcs) qui montent ici considerent la cité comme une poubelle et n'hésitent pas a laisser bouteilles en plastique et autres détritus, quand ils ne prennent pas les salles du palais pour des toilettes !
A partir du grand palais heureusement, la plupart abandonne. Je peux enfin savourer pleinement le silence somptueux et le paysage sublime des montagnes. Seule dans la cité endormie, je peux avoir l'illusion d'être dans un autre temps... moments magiques écrasés de soleil...
Je n'ai pas le temps de tout faire et accessoirement, je manque d'eau et de pellicules. Il y a un vague échafaudage sur la deuxieme porte et une partie de ses pierres a disparu. Ce qu'ils ont l'intention de faire, mystere, mais j'ai repéré une des pierres qui traîne plus haut sur le site, jetée n'importe comment... bref, rien d'encourageant. Je suis contente d'avoir tout mitraillé les fois précédentes : il est impossible aujourd'hui de refaire certaines photos !
Je récupere Nat au passage et on file prendre les bagages, juste a temps pour le dolmus qui va a Midiyat.
Hasankeyf/Midiyat : 60 km, 3 millions. Dans le dolmus, on demande a un papy s'il connait un hôtel propre et pas hors de prix. Sa voiture l'attend a l'arrivée et il nous accompagne... au Yuvam. La, je refuse énergiquement, une fois ça suffit !
L'hôtel plus touristique est franchement cher pour l'endroit (45 millions) et on ne veut pas aller au köy chez papy : pas le temps.
Il nous conduit chez sa belle-fille (son fils est absent la semaine) qui trouve tout a fait normal de nous accueillir, et refusera d'accepter quoi que ce soit en remerciement : l'hospitalité, les Kurdes connaissent !

14 septembre 2004

Hasankeyf

Le motel a Hasankeyf a rouvert et comme c'est le seul, profite de la situation d'autant que l'ögretmenevi est complet. 25 millions par personne (ramenés a 20), douche et wc communs, pas de drap, couverture douteuse, cendrier et poubelle absents, ce qui évite de vider ou de changer.
Bonne nouvelle : Erdogan aurait promis que le barrage épargnerait la ville.
Un tour jusqu'a l'entrée de la citadelle avant la nuit me fait craindre le pire : pour soutenir la tour-porche, ils n'ont rien trouvé de mieux que de grosses barres et des câbles metalliques et histoire de fignoler, ils ont rajouté de "beaux" escaliers tout neufs et une sorte de guérite, le tout en feraille verte !
Le Tigre est boueux a cause du barrage qui approvisionne en eau les nombreux champs de coton et son cours est diminué. Heureusement que j'ai déja des centaines de photos...
Le tourisme naissant ayant déja fait des ravages, je suis obligée d'envoyer bouler la meute des petits guides sous peine de ne plus les voir décoller. Heureusement, les adultes (enfin, les hommes : a part dans les dolmus, aucune femme a l'horizon) rattrapent le coup : tout le monde vient nous saluer et veut nous parler.
Apres le resto, je fais le tour des internet-cafés : 2 en panne, 1 fermé, 1 introuvable... je vais avoir un sacré retard !
Nat prend un thé avec moi avant d'aller se coucher (se couche avec les poules !). J'en profite pour rédiger un peu avant que plusieurs messieurs viennent s'installer a ma table. Le serveur propose de me conduire en Irak (170 km) : vraiment tentant ! Si je n'étais pas pour encore quelques jours avec Nat...
Prix des 5 thés : 0 million, je suis misafir...

Dicle

Ergani (47।300 habitants selon le panneau a l'entrée de la ville) en dolmus (1 heure, 1,5 million), puis Dicle (13.000 habitants, 1/2 heure, 1,250 million). Bref passage chez les grands-parents d'une de mes correspondantes pour les saluer et lui rapporter quelques photos.
Mehmet, alias Moustache, en a une formidable ! Il a vécu 25 ans en France avant de revenir au pays. Sa femme nous a préparé un délicieux repas et tous les 2 insistent pour que nous restions au moins jusqu'a demain, mais une semaine ce serait mieux... C'est vrai qu'une aussi courte visite c'est ici difficilement acceptable. Ils sont Zazas comme la plupart des habitants au Nord de Diyarbakir, les Kurmandjis occupant principalement le Sud. Retour par un dolmus direct (0 million, nous sommes misafir) pour récupérer les bagages a l'hôtel et filer a Hasankeyf via Batman. A l'agence, j'ai droit a l'énumération de toutes les équipes françaises de foot de 1ere division, avec en prime leurs derniers scores ! Diyarbakir/Batman, c'est 5 millions, mais comme nous sommes misafir, ça ne fait que 4. Nat commence a piger mon attachement aux Kurdes : ben oui, sont capables d'être mignons tout plein !

13 septembre 2004

Diyarbakir, suite

On passe l'apres-midi entre le quartier des forgerons du grand bazar et les éventuels loueurs de voitures. On doit refuser les particuliers dans nos prix a cause de l'assurance et/ou du chauffeur imposé, et les 2 seules agences officielles pratiquent des tarifs prohibitifs : 96 millions la journée, soit plus cher qu'un vol pour Istanbul !
Dans la boutique de Mustafa, c'est le défilé, jusqu'a un grand-pere de plus de 70 ans qui vient me signaler qu'il cherche une femme au cas ou ça pourrait m'intéresser... Notre gentil accompagnateur (une 20e d'années) qui s'est mis spontanément a notre disposition pour la journée me répete que je suis çok güzel et regrette que la vie soit mal faite : si on avait le même âge, il m'épouserait. Entre les 2, ça fait une bonne moyenne !
Un "spas" a Mustafa m'a vallu un ban d'honneur et tous les forgerons s'interpellent : "Elle a dit merci en kurde !". Ils ne changeront jamais, ce n'est vraiment pas compliqué de leur faire plaisir !
On les laisse a leur enthousiasme pour filer a la Safa camii : bonne surprise, le minaret est sculpté comme ceux de Mardin ou de Hasankeyf.
Mustafa nous a prévenues que nous étions ses misafir (invité) et nous présente sa petite famille : 6 garçons et une fille. Si lui ne sait pas lire, ses fils vont a l'université ou sont en passe d'y entrer (la petite derniere est pour l'instant plus intéressée par les jupes de sa mere).
Dans la région, les études ne garantissent absolument pas de trouver un travail, même de serveur, mais l'élévation du niveau intellectuel est de bon augure.
Mustafa dont la famille vit ici depuis plus de 110 ans a une histoire d'amour typiquement kurde (trad. : qui finit mal). Il est tombé amoureux d'une Française de passage et a attendu de nombreuses années qu'elle revienne pour l'épouser. Bien plus tard, ayant perdu tout espoir, il a accepté, apres l'avoir vue une fois, la femme que sa mere lui avait choisie... et il en parle encore des décennies et 7 enfants plus tard.

Diyarbakir

Le serveur de la pastane met un moment a comprendre que je veux un nes chaud avec du lait froid. Le 1er qu'il m'apporte est au lait chaud, le second sans nes ! Incapable d'expliquer pourquoi il ne peut servir de lait froid : ne s'était même jamais poser la question, je préfere laisser tomber et ses petits pains sont bons (2 pogaca, 2 "nes" : 1,5 millions).
En sortant de l'ulu cami, on tombe sur le directeur de l'office du tourisme qui a arnaqué 2 copains a Nat. La, il termine un Belge qu'il a trimballé plusieurs jours et le laisserait volontiers si il était sûr de pouvoir nous mettre le grappin dessus...
Direction le minaret aux 4 pieds : bof ! Aucun angle pour l'avoir entier et le coin est passablement encombré. La petite mosquée dont il dépend, la Seyh Mutahhar camii, daterait de 1.500.
Pas plus d'angle valable pour la prendre, mais de l'entrée on aperçoit le clocher de St Antoine de Padoue (Mar Petyun). Ca tombe bien, le gardien qui parle français vient carrément nous chercher pour visiter, probablement alléché a la perspective d'un pourboire.
L'église du 17e était attenante a un monastere, maintenant en ruines. A peine entrées, le gardien nous force a nous assoir : il tient a débiter son discours avant de nous taxer. Il ressort de ses explications que les Chaldéens sont venus de Babylone, sont devenus catholiques en 1621 et que leur échevéché est a Bagdad.
Il y aurait une communauté de 450 famille en Turquie, soit entre 2.000 et 4.000 personnes. A Istanbul, ils sont représentés par Mgr Karatas qui officie au Balik pazari.
A Diyarbakir, 30 familles assistent un dimanche par mois a la messe. Les enfants vont a l'école publique et la communauté n'aurait aucun probleme avec les musulmans en général et les autorités en particulier : c'est bien la premiere fois que j'entends ça d'une minorité de la région ! Ces renseignements dignes de foi nous coûtent 3 millions (on l'envoie bouler pour les suppléments) et je peux faire quelques photos.
Avant de partir, le Monsieur qui n'a aucun probleme nous met en garde contre ces voleurs de Kurdes et me court apres pour vérifier que mon sac est fermé... pauvre type ! Si les Kurdes sont voleurs, ils ne le sont que de sourires et avec eux, c'est gratuit !!! Même pas besoin de poser de questions, ils s'empressent de nous indiquer l'église arménienne orthodoxe... enfin, les ruines de !
Surp Giragos a été totalement détruite par l'armée il y a une dizaine d'années. La situation s'améliorant, un projet de "restauration" sur 2 ans devrait débuter dans 6 mois pour réparer le gâchis. Ce que l'on devine derriere les portes fermées a dû avoir beaucoup d'allure si on en juge par les moignons d'arches et les débris des 3 autels.
La communauté arménienne orthodoxe a Diyarbakir ne compte plus qu'une trentaine de personnes, mais rencontre beaucoup moins de problemes depuis fin 2002, début 2003, donc apres la levée de l'état d'urgence. Il y a une petite chapelle qui accueille les fideles, mais elle est dans un état de pauvreté navrant.

12 septembre 2004

Urfa - Diyarbakir

Urfa/Diyarbakir : 2 h 30, 8 millions. De nuit, pas évident d'évaluer les changements, mais il me semble que beucoup d'immeubles ont poussé en 2 ans.
La compagnie de car assure un servis jusqu'en ville. On essaie l'hôtel Kaplan qui accepte de baisser de 35 a 30 millions pour 2. Trop cher pour ici, j'envoie Nat négocier a celui d'a côté qui nous laisse 2 chambres pour 20 millions. Ce qui est marrant, c'est qu'au cours d'un voyage avec Sandrine, nous avions suivi le même parcours.
Le Malkoç est propre, bien entretenu malgré son âge, le personnel est sympa et surtout, il y a de l'eau chaude, ce qui change agréablement. A part l'abruti de service qui me répete 5 fois son numéro de chambre, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes (trad. : c'est plein de Kurdes partout et en plus ravis de nous voir) !

Urfa

Les Kurdes doivent avoir la cote aupres des touristes. Aziz, le propriétaire de la pension, prétend que lui et sa femme le sont, alors qu'elle est visiblement d'origine arabe (tres typée, tatouages au front, menton, mains...) et si lui est Kurde, non seulement il n'en a pas le physique, mais en plus il est completement dégénéré !
Il profite que Nat (qui est avec moi quelques jours) soit allée se coucher pour venir me gonfler. Il insiste lourdement pour m'emmener boire (entres autres) et prétend m'accompagner le reste de mon voyage... contre especes tres sonnantes et tres trébuchantes je suppose, vu qu'il prend les touristes pour des pigeons qui vont se laisser gentiment plumer.
Visiblement, mon manque de coopération l'exaspere. Aucune chance de me faire gober que sa présence m'est indispensable a Mardin, Hasankeyf ou Midyat !
Nat qui vit a Istanbul n'a pas d'idée préconçue sur les Kurdes, elle en entend juste parler comme de sauvages avec le lot d'histoires a dormir debout habituel. Je ne voudrais pas qu'elle pense qu'Aziz les représente. Au petit dej, je glisse quelques mots en kurde pour confirmer que les propriétaires de la pension n'ont pas grand chose a voir avec ce qu'ils prétendent être : pas la moindre réaction de l'arnaqueur libidineux a qui ça n'évoque pas grand chose.
Yusuf et Kadir qui nous pilotent dans la ville achevent de dissiper le doute. Nat les trouve sympas, respectueux et adorables (non, je ne l'ai pas influencée !).
En quelques heures, on fait le tour du principal :
- la grotte ou serait né Abraham, ou on sort a reculon en essayant de lutter contre la meute de groupies pressées qui vient en sens inverse.
- la citadelle, enfin ce qu'il en reste (belle vue de la ville).
- l'église syriaque St Pierre et St Paul de 1816 (extérieur) transformée en centre culturel qui réunit plusieurs religions.
- la vieille ville, ses maisons typiques, ses ruelles et le mini marché ou les gamins vendent des pigeons.
- une splendide demeure de 300 ans transformée en musée.
- la cour de Loulou camii et son cimetiere.
- des caravansérails...
Pas mal de gosses bossent dans les ateliers et ils sont nombreux aussi a l'otogar a vendre des simits ou cirer des chaussures.

11 septembre 2004

Antep - Urfa

Petit dej dans un café poussiéreux (tres) sur le chemin de la citadelle : 3 pogaca (bons), 2 nes, 1,5 millions।
Je me contente de quelques photos d'extérieur pour la citadelle, plus 2 jolies petites mosquées dans les parages। Pas trop envie de m'éterniser dans le coin, mais puisque je suis la, autant faire un tour au musée pour les mosaiques de Zeugma (entrée : 2 millions). Petit, mauvais éclairage, mosaiques mal exposées... mais elles sont fantastiques : graphisme émouvant, couleurs délicates, bonne restauration, finalement Antep remonte dans mon estime. Océanos et Thétis sont représentés comme au musée de la mosaique d'Antioche.
Antep/Urfa : 7 millions, 2 h 15 (prévues) par un car en provenance d'Istanbul। Panne en cours de route et réparation par le garage Mercedes du coin... a l'eau de cologne !
Les champs ont été moissonnés et la région semble se relever au moins du côté agricole. La campagne a l'air plus prospere qu'il y a 2 ans. Les villages se reconstruisent dans le style traditionnel et l'architecture rurale est respectée (petites maisons basses, petites ouvertures, toits plats). Dommage qu'ils remplacent la pierre du pays par des briques de béton. C'est franchement hideux !
A l'otogar, le jeune monsieur pipi me propose une pension (Hospitality pension)। C'est loin d'être luxueux, mais calme, pres de Gölbasi et pour 15 millions le petit dej et le dîner sont compris et le propriétaire vient gracieusement chercher ses clients en voiture.
Tour a Gölbasi toujours aussi féérique। Même le complexe de la nouvelle mosquée (qui date des années 80) est une réussite.
Deux jeunes (kurdes) sympas m'indiquent les belles maisons a voir et, au passage, une église arménienne qui a été transformée en mosquée comme toutes les églises du coin : je pouvais toujours les chercher...
La situation politique a beaucoup évolué (en bien) d'apres eux, y compris dans les campagnes। Reste la situation économique qui aurait bien besoin d'en faire autant.
En attendant, l'un deux qui a travaillé quelques temps dans la photo a profité de son service militaire pour se pencher sur l'histoire, plutôt que de glander pendant 18 mois. Rendez-vous demain, il tient a ce que je photographie les plus beaux endroits de la ville et est prêt a me guider.

10 septembre 2004

Antep

Pas étonnant qu'il n'y avait plus de place pour Diyarbakir : en plus de la rentrée scolaire, il y a un festival ce week-end.
Istanbul/Gazi Antep avec Onur, c'est 89 millions. Nettement moins que la Turkish, mais ils n'assurent pas les liaisons entre les villes du Sud-Est. En attendant l'avion, j'ai pris un expresso (tarifs non affichés) : je ne sais pas d'ou il vont venir leur café, mais 8 millions (environ 5 euros), c'est du délire !
A l'arrivée, le taxi (pas kurde) s'est arrangé pour faire un long détour pour atteindre le centre ville : 33 millions !
Le 1er hôtel proposé par le chauffeur était soit-disant bon marché... plus cher qu'a tünel !!! Apres mise au point, direction l'hôtel Evin (ce aui donne en gros : "hôtel ta maison")। 25 millions la double (sans petit dej), calme, vieillot, propre, eau froide tendance tiede.
Vu l'heure, on va au plus pres pour grignoter quelque chose : coca, döner, thé, 7 millions. Décidement, Antep se prend pour Istanbul. Déja que je n'avais pas aimé la premiere fois...

Dernier jour à Istanbul

Passé des heures a compulser des cartes et le Routard pour préparer un vague itinéraire. Evidemment, la partie Est du "guide" ne s'est pas améliorée au fil des éditions : famélique et truffée de conneries monumentales !
Cumhuriyet a consacré un article a Yilmaz Güney dans sa page kültür pour les 20 ans de sa disparition, et il y a des grandes affiches de pub sur Urfa et Ishak Pacha. Pas encore vu la même chose pour le Dersim ou Diyarbakir, mais ça avance...
Un fourgon de keufs m'a suivie sur tout Istiklal a 1 h du mat. Ce n'est pas une premiere, mais cette fois ils ont pris les ruelles et m'ont accompagnée jusqu'a l'hôtel ! Côté sécurité, difficile de faire mieux. J'espere seulement que leurs collegues affectés chez les Kurdes seront un peu moins zélés.
Au Kapris, j'ai discuté avec 2 mecs qui connaissaient mon site, ce qui vu la fréquentation n'est pas une premiere non plus, mais ceux la m'ont fait marrer : sympas, mais intimidés ! Parait qu'il ressort de mes écrits forumesques que je suis amoureuse de la Turquie... Non ! Qui ? Moi ?!?
Gabi m'a fait une copie gigantesque d'un plan du vieil Antioche (Hatay) : plus c'est grand et moins j'ai de chances de me perdre... qu'il croit ! A mon avis, je me perdrai quand même, y a pas de raison, mais vu la taille de la carte, je suis sûre d'être retrouvée ! Par contre, pour compenser l'air crétin que je vais avoir en la consultant, il a rajouté une foule d'indications, de fleches, de numéros, de contacts... autant de précieuses infos introuvables dans un guide !
A part ça, un euro ça vaut 1.852.266 TL et mon prochain message sera enfin posté d'un internet café kurde !

09 septembre 2004

Bientôt les Kurdes !

Pas de place sur Onur pour Diyarbakir ce week-end : celle-ci, on ne me l'avait jamais faite ! Renseignements pris, ils n'ont pas ouvert de club Med (ouf !), c'est juste la rentrée scolaire et le retour de tous les jeunes vacanciers.
Je pars donc demain et entre-temps c'est la course pour boucler. J'ai réussi a voir Florent 10 mn pour récupérer les pellicules que j'avais laissées chez lui en juillet et passé une bonne partie de la nuit a les répartir entre les sacs Sud-Est et Istanbul. Il faut que j'en garde assez pour ici, mais il n'est pas question de tomber en panne la-bas. Comme faut aussi prévoir le temps et estimer les besoins en diapos et négas couleur, j'ai essayé jusqu'a 6 h du mat de résoudre le casse-tête négas-dias-100-200-400-800-Fuji-Kodak.
Bon, finalement je prends pratiquement tout, et je m'attends au retour a entendre Rino râler parce que je n'en ai plus assez pour Istanbul !

08 septembre 2004

News

Guenter Verheugen, commissaire européen a l'élargissement, demande au gouvernement de faire des efforts pour réduire la pauvreté dans le Sud-est et aider les villageois a rentrer chez eux : pour une fois que l'Europe écoute des revendications kurdes réelles, autant le souligner ! C'est toujours plus intéressant que d'apprendre par l'AFP qu'en visite a Tuzla, pres de Diyarbakir, le Monsieur a mangé du pain local et bu de l'ayran !?!
Pendant ce temps, le PKK toujours pas d'accord avec les aspirations kurdes, continue les attentats dans la région : la paix, c'est mauvais pour les affaires... Enfin, une partie du PKK, vu qu'il continue a se diviser, s'auto-dissoudre, ect. Avec la bonne volonté dont il fait preuve pour parachever son auto-destruction, on lui souhaite tout le succes qu'il mérite !
Côté débat politique, l'AKP argumente pour pénaliser l'adultere. Sanction demandée : 3 ans de prison ! Ca doit être pour relancer l'emploi par une politique de grands travaux, parce que pour mettre tous les coupables derriere les barreaux, va falloir songer sérieusement a construire de tres vastes centres de détention... va y avoir du boulot !!!

Aller/retour

Un saut a Paris histoire de faire acte de présence et de confier mes pellicules au labo, et retour a Istanbul. Je passe maintenant de l'une a l'autre sans vraiment y penser, ça prend juste un peu plus de temps qu'une course en métro. Seule différence cette fois, Nat est venue m'attendre a l'aéroport alors que personne ne vient jamais m'accueillir place Clichy !
Pour quelques jours, j'ai décliné les invitations a dormir chez des potes, ce qui me permet de retrouver mes meres poules (ravies) et d'avoir une liberté de mouvement totale. Murat qui commence a s'habituer a me voir débarquer et repartir sans prévenir pour un temps indéterminé, se contente de m'installer et de me signaler que le pot de colle de service a été éjecté.
Le gérant ne quitte plus un sourire béat, et Ahmet ne m'a pas rendu ma main quand je lui ai dit bonjour : il m'a conduite d'office dans la salle a manger, servi un nes, allumé la télé... bref, on a repris notre petite vie la ou je l'avais laissée ! J'ai accepté un changement de chambre (le choix de Murat ne plaisant pas au gardien de nuit), mais refusé énergiquement la tonne de nourriture qu'il prétendait me faire ingurgiter a 1 h du mat : quand je sors du Kapris, pas la peine d'insister, j'ai déja fait plus qu'honneur aux desserts de Gabi !

01 août 2004

A+ Istanbul !

Temps tres gris aujourd'hui. Rino a dû me trainer pour prendre les derniers bouts d'immeubles que je n'avais pas encore immortalisés dans le coin.
Petite journée, mais en 2 semaines je ne dois pas être loin de la centaine de pellicules ! Je baille d'avance en pensant aux heures mortelles de classement qui m'attendent...

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